LIVRE II. , U
rence eut lieu, le 19 juin, entre deux et trois heures de , -l'après-midi ; elle fut longue, animée, pleine de reproches et de récriminations. Enfin, le directoire insistant , le maire écrivit, sur le bureau même du président, au com-r mandant général de la garde nationale afin qu'il eût a « tenir les postes au complet, doubler ceux des Tuileries et de l'Assemblée nationale, avoir des réserves d'infanterie et de cavalerie, prendre toutes les dispositions analogues aux circonstances et propres au maintien de la tranquillité publique. » La lettre finissait ainsi : « Si vous avez besoin de troupes de ligne, vous pouvez, en vertu de mon autorisation générale, en faire la réquisition 1 . »
Le directoire, en présence de Pétion, prit un arrêté dont il fut tout de suite remis une ampliation à celui-ci, et dont une autre copie fut adressée sans retard au ministre de l'intérieur, pour être- transmise à l'Assemblée nationale. •
Dans cet arrêté, le directoire déclarait : qu'if était instruit par des rapports multipliés que des malveillants,
armée, et invitât les citoyens à maintenir l'ordre. Vous nous avez rappelé ce matin; monsieur, diverses circonstances où. la seule présence des officiers municipaux avait prévenu des désordres; ce moyen ne saurait être négligé dans les circonstances présentes. « Les administrateurs composant le directoire du déparlement de Paris :
o Signé : La Rochefoucauld, président; ànsuh, viteprésident; Germain Garkier, J.-L. Brousse', Davous, Dé meunier. »
i . Celte lettre est en partie citée dans le rapport de Ramuinvilliers. Mous on avons retrouvé la minute. Elle contient la dernière phrase relative aux troupes de ligne, qui a été omise par Raniainvillicrs.
nonobstant l'arrêté du conseil général de la commune, avaient l'intention de former des rassemblements armés, . sous prétexte de présenter des pétitions ; qu'il croyait devoir rappeler la loi générale qui interdit ans citoyens de se réunir en armes sans réquisition préalable, la loi municipale qui, tout en leur permettant de se réunir paisiblement et sans armes pour rédiger des pétitions, ne les autorise néanmoins qu'à députer vingt citoyens seulement pour présenter ces pétitions ; qu'afin d'éviter un outrage au conseil général, qui avait rejeté la demande des faubourgs, et aussi afin .que la tranquillité de Paris ne fût pas troublée par des rassemblements illégaux, ni ïa majesté des représentants du peuple outragée, il ordonnait au maire, à la municipalité et au commandant général de prendre sans délai les mesures indispensables pour empêcher tout rassemblement qui pourrait blesser la loi, pour contenir et réprimer les perturbateurs du repos public, etc.
L'Assemblée nationale tenait sa séance du soir, (lorsqu'elle reçut l'arrêté du directoire du déparlement de Paris. -Une députaticn de citoyens de Marseille était à la barre et y lisait une pétition des plus violentes :
(i Législateurs, la liberté française «st en péril., les hommes du Midi se sont tous levés pour la défendre. Le jour de la colère du peuple esl arrivé. Le peuple, qu'on .a toujours voulu égorger et enchaîner, las de parer les coups, à son tour esl près d'en porter ; las de déjouer les conspirations, il a jeté un regard terrible sur les conspt- . rateurs... Le lion généreux, mais aujourd'hui trop courroucé, va sortir -de son repos pour s'élancer contre la
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France