LIVRE II
meule de ses ennemis... Représentants du peuple, la force populaire fait toute votre force. Vous l'avez en main, employez-la... Une lutte entre le despotisme et la liberté ne peut être qu'un combat à mort... Représentants, te peuple veut absolument finir une révolution, qui est son salut et sa gloire» qui est l'honneur de l'esprit humain ; il veut se sauver et vous sauver. Devez-vous empêcher ce mouvement sublime? Le pouvez-vous, législateurs 1 ?.. . »
C'était le 10 août annoncé la veille du 20 juin.
Un pareil appel fait à la force brutale soulève naturellement à gauche des transports d'enthousiasme et à droite des transports de colère. « L'impression et l'envoi aux départements! » crie-t-on d'un côté... » Cette adresse est incendiaire et inconstitutionnelle, » réplique-t-on des bancs opposés. Lecointe-Puira veaux rejette la violence du style des Marseillais sur « leur ciel brûlant » et n'en demande pas moins l'impression de leur adresse patriotique ; après une épreuve contestée, etsur la vive insistance de la gauche, l'Assemblée décrète l'impression et l'envoi des menaces marseillaises aux quatre-vingt-trois départements 2 .
L'émotion soulevée par cette lecture et par ce vote n'était pas encore apaisée quand le président annonce qu'il vient de recevoir l'arrêté départemental. « Qu'on ne le lise pas, s'écrie Saladin, nous n'avons' pas de temps à perdre 3 . » Mais la majorité décide que lecture de l'arrêié