Rapport Saint-Prix
Lorsque Sergent et Panis arrivèrent au faubourg Saint- Antoine, à huit heures du matin, ils trouvèrent un grand nombre de citoyens, les uns armés, les autres encore sans armes. Des groupes se formaient çà et là devant les affiches apposées durant la nuit, lisaient l'arrêté du directoire et ne manquaient pas de le commenter avec colère 1 . Les deux administrateurs de. police engagèrent, mais sans doute très-faiblement, les sans-culottes de ■ leur connaissance à déposer leurs fusils. Ceux-ci leur répondirent que Ton ne voulait attaquer ni l'Assemblée nationale, ni le roi, qu'on désirait seulement faire cortège aux vingt pétitionnaires légaux du peuple, et ensuite célébrer militairement l'anniversaire du Serment du Jeu de Paume. « Du reste, ajoutèrent-ils, nous avons peur qu'on ne nous fusille du côté des Tuileries et nous tenons à avoir nos armes. »
A de pareils raisonnements, Panis et Sergent se gardèrent bien de trouver des objections. Ils se rendirent au comité de la section des Quinze-Vingts. Une partie du bataillon des Enfants-Trouvés était déjà rassemblée autour du peuplier qui devait être planté aux Tuileries ; Santerre haranguait une nombreuse réunion de citoyens avec ou sans uniforme, et'soumettaît à leur discussion la lettre qu'il avait reçue du maire. Les administrateurs de