LIVRE II
durant toute la nuit 1 , invita Saint-Prix à venir, à la tête de ses troupes, « assister à la cérémonie qui se préparait à l'effet de planter l'arbre de la liberté sur la terrasse des Feuillants 2 . » Saint-Prix répondit qu'il ne pouvait faire marcher son bataillon que sur réquisition légale; qu'ayant reçu au contraire la réquisition de ne pas bouger, il resterait à son poste. Cependant il ajouta que, comme citoyen, il se rendrait à la section sans armes, et même que, comme chef de bataillon, il s'empresserait de se joindre à elle, « si des ordres ultérieurs l'y autorisaient. »
Le commandant général de la garde nationale (c'était, pour le mois de juin, RamainvilliersJ était tout aussiembarrassé que ses subordonnés. Dès la pointe du jour, il s'était rendu à la mairie, mais il ne put obtenir aucune réponse précise; on lui dit qu'il fallait attendre la réunion du corps municipal. Tout ce que Pétion osa prendre sur lui, ce fut d'envoyer les administrateurs de police dans les faubourgs agités,. pour Se conformer aux instructions que la veille il avait reçues du département.
de M. le maire. Je lâcherai de faire ce qu'il me prescrit; mais je ne puis répondre de rien. » El en poslscriplum : « Nous allons nous transporter au rassemblement pour lâcher de le dissiper. » — Saint- Prix de son côté répondait : « J'ai reçu la leltre que vous m'avez fait l'honneur de m'envoyer. Soyez persuadé de son entière exécution. J'ai, ju'ré de maintenir la Constitution ; les citoyens dont la confiance m'honore ont fait le même serment} ils sentent tous que, sans le respect du aux autorités constituées, il n'y a plus de Constitution, et ils sont prêts à mourir pour la défendre. »