LIVRE I
daient formellement lé maintien aux galères "des Suisses de Châteauvieux *. Cette discussion pour ou contre leurmise en liberté dura avec des phases diverses pendant la plus grande partie de l'hiver de 1791 à 1792. Le parti jacobin employa, pour intéresser les Parisiens en faveur de ses protégés, une lactique que nous avons vue plus d'une fois réussir entre les mains d'habiles chercheurs d'une popularité factice : des écrivains affûtés firent représenter sur les théâtres populaires plusieurs pièces dont ces soldats, encore aux galères, étaient les héros et dans lesquelles on les offrait à l'admiration des spectateurs comme les victimes tle la tyrannie et les martyrs de h liberté 2 .
Dans les bas-fonds de la société des Jacobins s'agitait un homme qui, à tout prix, voulait jouer un rôle, et qui bientôt après devait s'acquérir une éclatante et effroyable renommée. ColIbt-d'Herbois, histrion sifflé, écrivain mé- -diocre, déclamateur furibond, se déclara le défenseur officieux des Suisses de Châteauvieux ; il fut appuyé par les Frères et Amis qui trouvaient ainsi les moyens de raviver la haine que Bouille et La Fayette leur inspiraient, l'un depuis la fuite de A'arenne-s, l'autre depuis l'affaire du Champ-de-Mars. À force d'écrits, de discours, de pétitions, CoIIot-d'Herbois finit par obtenir tle l'Assemblée législative un décret en vertu duquel, malgré l'opposition des cantons suisses, le bénéfice de