‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 117 sur 236 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

de Ville les vertus douces et pures, il fait étalage de cette sensibilité fade, mise à la mode par les plagiaires de J.-J. Rousseau. Le soir, simple citoyen, il reprend sou ancien métier de folliculaire, écrit ces pages immondes dont l'annonce, hurlée à chaque coin de rue, jette la terreur et le désespoir dans le cœur de tous les honnêtes gens. Son double caractère se reflète dans les quelques paroles qu'il prononce quand, pour la première fois, il paraît à la barre de la Convention. Il entame son discours par des paroles de paix, il le finira par une déclaration de guerre.

« La Commune de Paris, dit-il, ne mérite point le reproche qui lui a été fait d'avoir laissé s'élever d'autres autorités constituées, d'autres commissions que celles autorisées par vos décrets. Ces commissaires qui vous sont dénoncés sont des commissaires nommés tous les malins par les sections de Paris pour la vérification des comptes de leurs collègues; c'est un véritable bureau d'indication et non une autorité constituée. C'est ainsi qu'on dénature les faits, c'est ainsi que l'on agite le peuple, c'est ainsi que l'on cherche à avilir le Conseil général de la Commune aux yeux de ses concitoyens, c'est ainsi que ceux qui veulent que la Convention quitte Paris... »

A ces mots la Gironde se soulève d'indignation ; des cris : « A l'ordre! » couvrent la voix de l'orateur. Les membres de la droite quittent leurs bancs et se précipitent au milieu de la salle. Le président cherche en vain à apaiser le tumulte et ne voit d'autre ressource, pour couper court aux nouvelles insolences des commissaires

de la Commune, que de lever brusquement la séance1.

Le surlendemain 28, ce n'est plus une députalion du Conseil général ni des quatre-vingt-seize commissaires des sections , c'est une députalion du corps municipal qui se présente devant la Convention2. Elle fait entendre la contre-partie des allégations produites par Hébert et ses compagnons. Bidermann en est l'orateur. S'il n'avait pas paru l' avant-veille, c'est qu'il n'avait pas voulu servir de complice à la Commune insurrectionnelle pour déguiser à la Convention l'état réel des choses. Aujourd'hui, il vient lui faire connaître la vérité, autant qu'il est permis de la démêler au milieu des réticences, des omissions et des dissimulations calculées dont ne se sont pas fait faute les commissaires qui ont mis la main sur les caisses de la maison de secours sans dresser ni bilan ni inventaire. Bidermann convient avec franchise que cette maison, comme presque toutes les caisses du même genre, présentera une liquidation désastreuse. L'actif, sauf nouveau mécompte,

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