‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 138 sur 236 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

Maïs si ie rapport du comité n'était pas prêt, celui de Roland l'était. La Convention avait ordonné que le ministre de l'intérieur lui rendrait compte de l'état où se trouvaient les autorités publiques à Paris depuis le 10 août, des obstacles que l'exécution des lois éprouvait dans cette ville, et des moyens d'y remédier. Le 29 octobre, Roland vint confirmer olficiellement toutes les accusations dirigées depuis un mois contre la Commune : « Enlèvements, sans reçu, d'argenterie et d'objets précieux dans les maisons particulières et les dépôts publics de la capitale et des déparlements; usurpation de fonctions, confusion de pouvoirs, attentats graves à la propriété et à la sûreté individuelle, refus absolu de fournir aucun compte; désordre et désobéissance, mépris de toute autorité, force publique sans énergie et sans cohésion, annihilée par un mauvais commandant. » Un grand nombre de pièces justificatives accompagnaient le mémoire ministériel; l'une d'elles contenait une dénonciation contre le fameux. Fournier l'Américain, qui avait déclaré que d'ici à quinze jours on saurait se défaire de la cabale de Roland, de Brissot, Vergniaud et Lasouree; que du reste i! n'y avait qu'un homme qui pût sauver la patrie, et que cet homme é^ait Robespierre. Cette dénonciation

aura ni mandat d'arrêt, ni décret d'accusation, sera mis en liberté. — En oulre le comité de sûreté générale se divisera à l'effet de faire la visite de toutes les prisons et maisons de Paris où des citoyens sont détenus, il prendra tous moyens nécessaires et fera son rapport sur le nombre des détenus, la cause de leur détention et les actes en vertu desquels ils ont été arrêtés. » t

Le comilé de sûreté générale ne fit son rapport que le 15 novembre par l'organe de Delaunay (d'Angers).

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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avait été transmise à Roland par Dubail, vice-président du tribunal du 17 août. Celui-ci, il faut le dire, connaissait mieux que personne tout ce dont Fournier était capable, puisqu'il s'était trouvé face à face avec lui, lorsque ce chef des bandes parisiennes avait enlevé les prisonniers d'Orléans pour les faire égorger à Versailles 4.

Craignant que la faiblesse de son organe ne lui permît pas d'être entendu par tous les membres de l'Assemblée, Roland avait prié Lanjuinais, l'un des secrétaires, de faire la lecture du rapport et de ses annexes2. Pendant tout le temps que retentit la voix vibrante du courageux breton, le plus profond silence règne dans la salle du manège. Seulement des mouvements d'étonnement et d'horreur3 se manifestent à la lecture de certains passages; tous les regards se tournent vers Robespierre, Marat, Panis et leurs amis, qui restent immobiles sur leur banc. A peine Lanjuinais a-t-il repris sa place au bureau qu'un grand nombre de députés demandent l'impression et l'envoi à tous les départements, à toutes les communes, même à toutes les sociétés populaires, du terrible compte rendu du ministre de l'intérieur.

« Je réclame la parole contre l'impression de ce rapport, » s'écrie Robespierre. — De. violents murmures couvrent sa voix. — « Oui, ajoute-t-il, je veux parler

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