LIVRE XIV
ancienne popularité auraient pu encore, malgré tout, désigner au choix des électeurs ?
Toutes ces hypothèses débattues, toutes ces questions posées et résolues, le programme des élections parisiennes est ainsi Axé :
1° On n'insistera plus sur l'abolition du corps électoral, c'est-à-dire du vote à deux degrés.
2° On forcera les électeurs, dans les assemblées primaires et surtout dans la réunion du corps électoral, à voter à haute voix.
3° On installera les sept à huit cents électeurs du deuxième degré dans une salle, dont les abords sont depuis longtemps surveillés et gardés par des afiidés aux gages des dictateurs dè l'Hôtel de Ville, dont les tribunes sont garnies de spectateurs dévoués, dont l'atmosphère est imprégnée de la démagogie la plus pure, en un mot dans la salle du club des Jacobins.
fla On réservera aux sections, après qu'elles auront remis légalement leurs pouvoirs à des électeurs de leur choix, le droit d'exclure de la députation parisienne les élus qui ne conviendraient pas.
5° Enfin on organisera un système général de terreur s'étendant sur tout Paris, au moyen de visites domiciliaires, d'arrestations, de meurtres s'il le faut, pour que les élections, au premier comme au deuxième degré, soient faites sous l'inspiration unique et sous la dépendance absolue de la commune insurrectionnelle.
Ce programme avait été secrètement arrêté dans la matinée du 27 août. Robespierre se charge de le faire adoptei-, le jour même, parles divers degrés de juridiction
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qu'il doit nécessairement parcourir avant de recevoir une pleine et entière exécution. Tout-puissant dans sa seclion, à la Commune, aux Jacobins, le tribun peut seul amener toutes ces volontés, la veille encore si divergentes, à soutenir d'un effort unanime ce qui a été décidé dans le cénacle démagogique. Il se transporte d'abord à la section des Piques (place Vendôme), dont il fait partie depuis qu'il demeure chez le menuisier Duplay. Après avoir expliqué d'une manière plus ou moins explicite le changement de front qu'il propose d'opérer dans la stratégie précédemment suivie, il fait prendre à cette section «ne délibération ainsi conçue :
« 1° En principe, tous les mandataires du peuple doivent être nommes immédiatement par le peuple, c'està-dire par les assemblées primaires; ce n'est qu'à cause de la nécessité des circonstances que la méthode de nommer les députés à la Convention nationale par l'intermédiaire des assemblées électorales est adoptée.
« 1" Pour prévenir, autant que possible, les inconvénients attachés à ce système, les électeurs voteront à haute voix et en présence du public.
« 3° Afin de rendre cette dernière précaution efiicace, ils se rassembleront dans la salle des Jacobins , et les députés nommés par les électeurs seront soumisà la révision et à l'examen des sections en assemblées primaires, de manière que la majorité puisse rejeter ceux qui seraient indignes de la confiance du peuple1. »
i . Nous avons relronvé-cette délibération sur le registre de la section des Piques. Chose remarquable, Robespierre, qui présidait ia séance, n'a pas signé la minute, comme i'ont fait [es autres officiers
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
UVBIï XIY.
Armé de cette délibération , Robespierre se transporte au conseil général de la Commune; il y ajoute quelques considérants et la transforme en un arrêté municipal qui, signé par Huguenm et Tallien, est aussitôt imprimé et placardé dans Paris. Les sections, même les moins engagées dans le mouvement ultra-révolutionnaire, sont obligées de s'y conformer malgré les velléités de résistance que manifestent d'abord certaines d'entre elles 1.
Nous avons raconté dans Je volume précédent les événements qui, dans les derniers jours d'août et dans les premiers jours de septembre, épouvantèrent la capitale.
du bureau. Celait son habitude: il faisait prendre des résolutions importantes à sa section, ;i la Commune ; mais il no les signait pas, se réservant ainsi la faculté de les désavouer, s'il le croyait plus lard utile a sa politique.
A. Quoique l'arrêté de la Commune ne soit que la reproduction presque textuelle do la délibération de lu section des l'iques, nous croyons devoir le donner ici in extenso. Nos lecieurs pourront comparer ces deux documents et suivre, les transformations, du reste très-peu importantes, que la même idée, reproduite parle même Nomme, subit en suivant la filière administrative,