LIVRE XVI
non-seulement contre l'impression, mais aussi sur le fait personnel, sur l'insinuation dangereuse qui se trouve dans la pièce dont il a été donné lecture à la suite du rapport.
— Je ne puis, dit le président Guadet, laisser parler en ce moment que sur la demande d'impression. — Je n'ai pas besoin de vos officieuses instructions, réplique insolemment Robespierre ; je sais sur quoi j'ai la parole.
— A l'ordre, à Tordre! vocifère la droite. — « Il a déjà l'air d'un dictateur.' » s'écrie le girondin Henri Larivière. Le tumulte augmente, la voix tonnante de Danton peut à peine le dominer : « Président, maintenez la parole à l'orateur! je la demaode, moi aussi; il faut que tout cela s'éclaircisse ! »
Guadet invite de nouveau Robespierre à parler sur l'impression. Celui-ci entame un interminable exorde, sans cesse interrompu par le même cri : Au fait! Il veut s'élever contre ce qu'il appelle un système de calomnie dont le but unique est d'opprimer les patriotes1. « Non, lui réplique-t-on , il s'agit de démasquer les imposteurs2. — Si vous ne parlez pas contre l'impression, répète le président, je vais la mettre aux voix. — Au moins, s'écrie Robespierre, écoutez ce que je vais dire. — Nous ne voulons pas le savoir; aux voix l'impression 1 » Le président rappelle les interrupteurs à l'ordre, ce qui n'empêche pas l'orateur de se plaindre de la partialité avec laquelle les débats sont dirigés. A cette