Moniteur, n° 30-ï
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
injuste récrimination, de violents murmures s'élèvent. On demande que l'orateur soit réprimandé pour avoir insulté le président. Guadet se contente de répondre : « Robespierre, vous voyez les efforts que je fais pour ramener le silence; je vous pardonne une calomnie de plus. »
Le chef du parti jacobin continue longtemps encore à se plaindre des dénonciations vagues dont il est l'objet, el de la violation des droits du peuple qui l'a envoyé siéger à la Convention. « Quoi, s'écrte-t-il, lorsqu'ici il n'est pas un homme qui osât m'accuser en face en articulant des faits positifs contre moi ! Lorsqu'il n'en est pas un qui osât monter à cette tribune et avoir avec moi une discussion calme et sérieuse... — Eh bien ! je m'offre contre toi, Robespierre, s'écrie J. B. Louvet en s'élançant au milieu de la salle ; oui, c'est moi qui l'accuse. — Et nous aussi, nous t'accusons, » répètent en même temps Rebecqui et lîarbarous, voulant rappeler l'accusation qu'ils avaient déjà lancée, un mois auparavant, contre le chef de la démagogie parisienne *.
Il se fait dans l'Assemblée un silence effrayant. Robespierre reste muet et immobile. Louvet monte les degrés de la tribune et arrive près de l'orateur. « Continue donc, Robespierre, s'écrie Danton, les bons citoyens sont là qui t'entendent!
— Il faut que Louvet soit entendu tout de suite, propose Tallien, il faut que les rayons de la vérité confondent les calomniateurs !
— Il est nécessaire, dit Robespierre le jeune, accouru
< . Voir le récit de la séance du 25 septembre, livre xv, p. Bi et 8fi.
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