Moniteur, n° 317. Journal des Débals et Décrets, n
2. Par une singulière complication qui montre combien il y avait peu de suite et de méthode dans les mesures que les girondins, maîtres «lors de la situation, faisaient adopter à la majorité, la pétition des fédérés, qui était l'arme de guerre donl Buzot et ses amis avaient voulu se servir pour reprendre en temps et lieu la question de la garde départementale, avait été renvoyée non au comité de la guerre, mais au comité de l'instruction publique. Comment ce comité, en apparence si étranger à une pareille question, avait-il pu en être saisi? C'est que, dans cette adresse, les pétitionnaires avaient proposé une fédération de tous les citoyens-soldats actuellement à Paris avec la garde nationale de cette ville dont ils demandaient à partager les travaux. Or. une fédération était une fête, et les fêtes étaient de la compétence du comité d'instruction publique. Voilà par quelle série de raisonnements celte pétition si importante s'était fourvoyée dans ce comité, qui naturellement ne s'était pas pressé de faire un rapport et s'était laissé devancer par le comité de la guerre auquel la lettre du ministre avait été renvoyée. '
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
par un décret qui n'est que la reproduction de la lettre du ministre de la guerre et la traduction de la pétition des prétendus commissaires des sections parisiennes. Le décret proposé par le comité de la guerre fait deux catégories parmi les fédérés qui se trouvent à Paris- Il a raison. Il y a des bataillons armés qui étaient destinés aux camps de Paris, de Meauxet de Soissons; ceux-là ont été formés pour marcher aux frontières, ils sont, en vertu des lois antérieures, à la disposition du ministre. Mais iï est d'autres fédérés qui ont quitté leurs foyers pour se porter exclusivement à la défense de Paris. le vous cite les volontaires de l'Eure qui sont venus à la voix des commissaires envoyés par la Législative, nos collègues Albitte et Lecointre. On leur a dit, lorsqu'ils partaient, qu'il ne s'agissait que d'un coup de main pour sauver Paris, que c'était l'affaire de six semaines. C'est dans cette persuasion que ces volontaires ont quitté momentanément leurs femmes, leurs enfants, leurs travaux; vous ne pouvez les forcer de marcher inopinément aux frontières. Ce que je dis des fédérés de l'Eure, je le dis aussi des fédérés de Marseille ; ni les uns ni les autres ne se sont engagés, ils doivent être dans Paris aussi libres que les autres citoyens, on ne peut les contraindre à partir. Au lieu d'adopter ce décret perfide et mensonger, osez leur dire franchement : Nous vous renvoyons parce que les sections de Paris ne veulent pas de vous ! En recourant à un pareil subterfuge, le ministre de la guerre commet une lâcheté. Est-ce au moment où vous allez juger Louis XVI, que vous devez affaiblir la force armée qui se trouve dans Paris? Vous parlez toujours du peuple;
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