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mais de quel peuple parlez-vous donc? Est-ce d'une section de la République à laquelle vous donnez couiplaisammenl le titre de souverain? Je l'ignore, mais il est un peuple répandu sur toute la surface de la France ; voilà mon peuple à moi, voilà mou souverain, je n'en reconnaîtrai jamais d'autre, je ne veux obéir qu'à celuilà. Écartons ce décret qui est une injure pour des hommes qui sont venus de deux cents lieues vous environner de leur confiance et de leurs bras, et abordons franchement la question depuis trop longtemps ajournée, celle de la force départementale »"
Le discours de Buzot avait été souvent interrompu par les murmures de la Montagne et les applaudissements de la majorité; son éloquente péroraison fait éclater un vîF enthousiasme daos la plus grande partie de l'Assemblée.
Lacroix disputait à Barrère l'honneur de diriger dans leur vote la masse des conventionnels timides ; il pratiquait en grand ce jeu de bascule qui abat et brise promptement toutes les convictions sincères et donne, pour un temps, la prépondérance aux esprits cauteleux et aux intrigants habiles. If demande la parole en sa qualité de président du comité militaire, et cette fois il se tourne contre ies girondins avec lesquels il avait marché dans plusieurs circonstances récentes; il raconte les faits de la manière la plus ingénue en apparence. « Le ministre
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de la guerre est venu nous trouver; il nous a fait part de la nécessité d'envoyer douze à quinze raille hommes à l'armée de Gustine pour l'empêcher d'être coupée. Nous ne voulions pas vous faire cette déclaration publiquement; mais? puisque l'on nous accuse d'avoir cédé aux demandes des sections, il faut bien que nous la fassions. Pour parer aux dangers que court Custine, il nous a paru que le moyen le plus prompt et le plus sûr, c'était de former eu bataillons les volontaires venus à Paris et de les lui envoyer; ceux qui n'accepteront pas seront libres de se retirer dans leurs foyers, mais dès lors, ils cesseront d'être soldés. Voilà les motifs du projet de décret. »
La question ainsi posée, la situation prise par les Girondins était assez difficile à défendre ; par le fait, on les constituait les défenseurs de volontaires qui avaient l'air de se soucier fort peu de marcher à l'ennemi et qui préféraient les délices de Capoue à la gloire d'affranchir les Belges et les Allemands.
Barbaroux demande à répondre à Lacroix. L'habileté, ou plutôt la perfidie avec laquelle la proposition du comité militaire a été introduite, le sentiment du danger que courent l'honneur de ses amis et le sien propre, redouble, s'il est possible, sa colère et son ardeur.
« S'il est, s'écrie-t-il, une intrigue abominable, c'est celle dont on a rendu dupe le comité et dont on veut vous rendre dupes. On a circonvenu le ministre de la guerre, on lui a fait écrire une lettre adulatrice aux sections de Paris. Dans cette lettre, il promet le départ des bataillons. Pour tenir sa parole, il écrit à la Convention,
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