‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 220 sur 236 · ADRESSES DE FÉLICITATIONS ET D'HOMMAGES ENVOÏÉES AUX FRÈRES DU ROI · texte numérisé non relu

ADRESSES DE FÉLICITATIONS ET D'HOMMAGES ENVOÏÉES AUX FRÈRES DU ROI

«A Leurs Altesses Royales les Princes français.

« Princes, vous voyez à vos pieds la députation de la comté d'Audun-Ie-Riche , qui vient vous exprimer sa satisfaction la plus vive pour l'honneur que vous lui faites, en choisissant cet endroit pour voire rentrée en France. Que ce bonheur, 6 Princes, ne la prive pas de la douce consolation d'offrir à Vos Altesses son hommage le plus respectueux, son attachement sincère au plus vertueux des monarques, enfin son obéissance entière à toutes les lois futures qui émaneront de Sa Majesté!

« Cette communauté. Princes, dont les mœurs n'ont jamais démenti la pureté de ses sentiments, si elle s'est quelquefois oubliée, si elle s'est rendue réfractaire en adoptant des maximes qui répugnaient à sa conscience et à sa probité, son silence aujourd'hui parle en sa faveur, et manifeste à vos yeux le plus vif repentir de sa faute.

k Si ces regrets sincères, accompagnés d'une vraie résipiscence, touchent votre âme sensible, cette paroisse sollicitera des bontés du Roi et de Vos Altesses Royales, qu'elle respecte et qu'elle chérit, un pardon dont le souvenir lui retracera toujours son erreur passée. Cet acte généreux, Princes, si elle l'obtient , assurera à ce village en partie ruiné par les mouvements de cette guerre injuste une protection de laquelle ils ne seront redevables qu'à la gloire que vont acquérir deux héros, deux princes magnanimes, pour le succès de laquelle ces habitants ne cessent d'invoquer le Très-Haut, afin qu'il répande sa bénédiction sur leurs armes- »

La députation termine son adresse par les cris de : Vive le roi! vive Monsieur! viveM. le comte d'Artois!

«Bauvet, procureur; J. Barthélémy, maire; J.-C. Barthélémy, substitut; Denaissame , greffier ; Thaisin, receveur de la Douane. »

uA Monsieur le marquis de Lambert, lieutenant général, commissaire des Princes

u Les habitants de la ville de Longwy viennent de fâire une adresse à Monsieur, Frère du roi , dans laquelle ils expriment les sentiments qui les animent; le style en est peu soigné, parce qu'elle a été rédigée au milieu des applaudissements. Veuillez bien la faire agréer à Son Altesse Royale comme un témoignage de notre fidélité et de notre respect envers Sa Majesté.

« Je suis, monsieur le marquis, etc.

« Bernard.'»

1. Le marquis de Lambert était commissaire des princes près le roi de Prusse-

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NOTES

« A son Altesse royale Monsieur, Frère du roi,

« Les notables habitants de la ville de Longwy, appréciant la- générosité du général des armées combinées de Leurs Majestés l'Empereur et le Roi de Prusse, instruits tout récemment des manœuvres odieuses pratiquées contre le trône, informés que la sanction donnée par le Roi à plusieurs décrets de l'Assemblée nationale a été dictée par la contrainte; forts de leur conscience, ils prennent la liberté d'offrir à Votre Altesse Royale leur vraie profession de foi.

« Depuis le commencement de cette révolution orageuse, ils ne se sont jamais livrés ni aux publicistes, ni aux faclieux ; si quelquefois ils ont été égarés par la force, ils ont néanmoins fait tous leurs efforts pour empêcher les vexations, les émeutes populaires. La plus belle preuve qu'ils puissent en offrir, c'est que l'étendue de cette juridiction n'a jamais offert les tristes et affreux spectacles qui ont affligé les autres provinces. Lorsque des malheurs extraordinaires forcèrent les princes, et avec eux les chefs de l'État, à s'expatrier, lorsque des écrits incendiaires semés de toutes parts enfantaient dans les opinions quelque chose de sinistre, lorsque les divisions intestines étaient entretenues par une faction d'autant plus redoutable qu'elle avait armé le plus grand nombre contre l'honnête homme, les citoyens de la ville de Longwy et de sa dépendance sont restés constamment attachés aux principes de l'union, de la subordination et de la véritable monarchie. Il est cependant vrai que, de temps à autre, quelques menaces, quelques violences les ont forcés au silence, mais aujourd'hui qu'ils commencent seulement à jouir de la vraie liberté, ayant fait un retour sérieux sur tous les événements extraordinaires et inouïs qui ont donné lieu aux crimes, aux assassinats, aux incendies qui se sont commis à Paris et dans la plus grande partie du royaume, convaincus que la France ne peut subsister sans un pouvoir royal revêtu de toute sa plénitude, de toute sa souveraineté, assurés d'ailleurs que Louis XVI , notre auguste souverain , est le meilleur ainsi que le plus calomnié des rois, indignés contre les factieux qui,

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par an régicide abominable, se sont emparés de sa personne et l'ont exposé à la fureur populaire ;

a Ils promettent solennellement à Son Altesse Royale Monsieur que toujours la ville de Longwy et dépendance regardera Louis XVI, roi de France et de Navarre, comme son seul et unique souverain, aux volontés duquel elle se résigne indéfiniment. Elle supplie ce même Prince de vouloir bien lui servir de protecteur auprès de Sa Majesté, et de l'assurer qu'elle désavoue hautement les voies de fait, les horreurs dont un peuple de cannibales rougirait de se rendre coupable, et comme il se répand que Louis XVI est impitoyablement détenu dans une des tours du Temple; que cette captivité est la même que celle du roi Jean en Angleterre; les exposants, au nom de tout l'arrondissement, prient instamment, et avec toute l'ardeur dont ils sont capables, Son Altesse Royale Monsieur, de vouloir bien accepter la régence du royaume de France, de se faire reconnaître en celle qualité par les peuples et armées, de former luimême son conseil de gens instruits, éclairés, vertueux, propres au rétablissement du bon ordre et à la prospérité de l'État. Tel est le vœu de leur cœur, tel est l'exemple que suivront sans doute les autres cités du royaume, et avec lesquels tous les Français s'écrieront avec allégresse : Vive Louis XVI, notre bon roi! vive le père des Français !

« Aux notables habitants de Lomjwy.

« Du camp sous Verdun, le 3 de septembre.

« Messieurs,

« J'ai reçu la lettre dont vous m'avez honoré, à laquelle était jointe celle que les notables du district et de la ville de Longwy ont adressée à Monsieur, Frère du roi. Je me suis empressé de la communiquer à Sa Majesté Prussienne, et à Son Altesse Sérénissime monseigneur le duc de Brunswick, général des armées prussienne, autrichienne et royale de France. Je suis flatté de pouvoir vous apprendre, Messieurs, la satisfaction que le Roi et monseigneur le duc de Brunswick ont éprouvée en apprenant

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NOTES

le premier effet de la liberté qu'ils sont venus apporter au peuple français, en le délivrant de l'oppression des factieux qui l'empêchai en t de manifester ses véritables sentiments pour notre malheureux souverain et son auguste famille.

« Jl est honorable pour la ville de Longwy et pour chacun de ceux qui ont signé la lettre adressée à Leurs Altesses Royales, d'avoir été les premiers à publier le vœu de leur cœur, qui est celui de tous les bons Français, qui s'empresseront à suivre voire exemple, à mesure que les armées avanceront en France et que chaque citoyen pourra librement faire connaître son opinion.

« L'histoire fera passer à la postérité la plus reculée cette circonstance unique dans les fastes de deux grandes puissances, qui emploient leurs armées non pour la gloire passagère, souvent aussi funeste aux vainqueurs qu'aux vaincus, d'enlever quelques provinces, mais pour porter Tordre, la paix, la véritable liberté chez une grande nation rivale ; de mériter par là, d'être regardés comme les bienfaiteurs des peuples qu'ils vont combattre. Le nom de votre ville et la démarche qu'elle vient de faire trouveront une place dans le récit de cette mémorable entreprise. On ne dira point qu'elle fut conquise, mais qu'elle eut le bonheur et la gloire d'être la première à reconnaître son souverain légitime, et à réclamer l'empire d'antiques lois qui avaient fait prospérer la France pendant tant de siècles.

« Leurs Altesses Royales ne tarderont pas à vous adresser les assurances de leur sensibilité, aussitôt qu'elles auront terminé quelques affaires qui les occupent uniquement dans ce moment. En attendant, elles me permettent d'être l'interprète de leurs sentiments auprès de vous. Si vous avez quelques demandes à leur faire passer, je vous supplie de me les adresser avec confiance. Mon exactitude est un devoir que je remplirai avec empressement et que m'imposent également la confiance dont ils veulent bien m'honorer, et la reconnaissance que je vous dois d'avoir bien voulu me choisir pour leur faire parvenir vos vœux.

« Je suis avec respect, Messieurs, etc.

« Le marquis de Lambert. »

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<i Réponse de Monsieur à l'adresse envoyée le 30 août dernier par lès notables habitants de ta ville de Longtoy et environs,

k Au quartier génSral d'il mange -la-Cran de, le 4 septembre 1792.

« )t me serait difficile, Messieurs, de vous peindre combien je suis touché des sentiments d'amour et de fidélité pour le Roi mon Frère, qui sont si bien exprimés dans la lettre que vous m'avez adressée. Je me ferai un devoir et tin plaisir de les porter à ses pieds, aussitôt que le plus cher de nos vœux sera rempli, et je regrette bien vivement de ne pouvoir les lui faire parvenir dès ce moment même, étant bien assuré que la certitude d'être aimé comme il mérite de l'être adoucirait les peines dont il est accablé. L'accueil que j'ai reçu de vous et qui ne s'effacera jamais de mon souvenir m'était un sur garant de voire façon de penser, et je ne doute pas que tons les Français n'imitent le grand exemple que vous venez de donner, dès que les armées des souverains, qui ont si généreusement embrassé notre cause, les auront délivrés des factieux qui tyrannisent jusqu'à leurs pensées.

a Quant à moi, Messieurs, je m'estimerai toujours heureux d'avoir été le premier dépositaire de vos véritables sentiments, et je vous prie d'être bien persuadés de tous les miens pour vous.

1 « Lours-SrANisi-As-XAViEn. »

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