‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 68 sur 236 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

l'Assemblée législative pour surveiller la procédure entamée contre les voleurs du garde-meuble, il sait pertinemment que Roland a reçu plusieurs objets provenant de ce vol, mais qu'il ignore si le dépôt en a été constaté suivant les formes prescrites. Il demande que les effets soient transmis au greffe du tribunal criminel, ainsi que les procès-verbaux qui en ont été dressés.

Un ami de Roland, Guadet, fait promptenient justice de cette malveillante confidence; il soutient que, si Roland a eu un instant entre les mains une partie des objets volés au garde-meuble, c'est qu'il a pu, par l'intermédiaire d'un joaillier auquel il a avancé quinze mille livres^ faire rentrer au Trésor des objets de la plus grande valeur.

L'Assemblée, suffisamment édifiée sur toutes les calomnieuses récriminations des amis de la Commune, adopte enfin la question préalable et se débarrasse ainsi, pour quelques jours au moins, de cette interminable discussion qui, se transformant sans cesse et renaissant d'elle-même, avait absorbé la presque totalité de ses séances.

Le renouvellement des autorités administratives, l'organisation de la garde départementale, la reddition des comptes du comité de surveillance, l'enquête ordonnée pour déterminer l'importance des dépôts faits à la Commune, tout cela aboutissait à une seule et même question : plus heureuse et plus résolue que la Législative à son déclin, la Convention naissante saura- t-elle trancher d'une main hardie les liens dont la Commune l'enveloppe et l'enlace? saura-t-elle faire prévaloir la

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

volonté nationale sur celle des organisateurs des massacres de septembre?

A peine, en effet, depuis l'ouverture de la session, la nouvelle Assemblée avait-elle pu rendre quelques décrets d'intérêt général; tout le temps qu'elle n'avait pas employé à combattre l'insolente tyrannie de la Commune insurrectionnelle, elle l'avait consacré à entendre et les lettres des généraux qui défendaient pied à pied le territoire envahi, et les rapports des commissaires que, dès ses premières séances, elle s'était empressée d'envoyer aux armées. Jetons donc un coup d'œil sur cette seconde moitié des préoccupations conventionnelles. Aussi bien, il est temps, pour nos lecteurs et pour nous, de quitter l'atmosphère pestilentielle des discordes civiles et de respirer plus à l'aise, au milieu des camps où s'étaient alors réfugiés le patriotisme, l'honneur et le courage.

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