‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 103 sur 246 · LIVRE XXXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVII

aborde un sujet (les plus délicats. On avait à plusieurs reprises, à l'occasion de la division du territoire, soulevé la question des grandes et des petites municipalités. Fallait-il agglomérer en une seule plusieurs communes d'une faible population? Failait-il diviser les grandes en plusieurs municipalités? Mais rien de précis n'avait été formulé. Le premier, Rabaut-Pominier sort du vague dans lequel plusieurs orateurs étaient précédemment restés et demande que, dans les villes ayant plus de 50,000 âmes, il y ait plusieurs municipalités, et que leur nombre en soit déterminé par le chiffre delà population.

Thuriot s'élève contre cette motion, qui, par les développements que Rabaut-Pommïer lui a donnés , était évidemment dirigée contre Paris.

« Si vous divisez, dit-il, les grandes villes en petites municipalités, vous compromettez la liberté. Citoyens, ■un tyran disait en considérant Paris : « Si j'étais roi de « France, bientôt Paris n'existerait plus. »

« C'est qu'il sentait qu'une grande masse d'hommes réunis dans un petit centre renverserait bientôt le despotisme et que dans son sein naîtrait la liberté. En effet si, dans les premiers jours de la Révolution, les hommes énergiques et courageux n'avaient pas trouvé de point de réunion à la maison commune de Paris, la liberté naissante eût été étouffée par la tyrannie, encore environnée de toute sa puissance. »

Buzot, qu'animait une haine profonde contre Paris 'T répond à Thuriot :

4. Voir les mémoires de Buzot, récemment publiés par M. Dauban, notamment la noie de la page 25.

« Il ne faut pas détruire Paris, mais il faut le sauver de cet état d'anarchie qu'on ne doit qu'à l'unité de la municipalité. Paris doit . conserver le Corps législatif, mais cette cité doit donner l'exemple du respect des lois, surtout proléger la liberté des législateurs.

« Pourquoi craindre que cette ville, divisée en quatre ou cinq municipalités, soit plus agitée qu'un département divisé en quatre ou cinq districts?

« Je finis par une observation particulière à la ville de Paris : c'est qu'il est impossible que cette cité, si elle demeure organisée ainsi qu'elle l'est aujourd'hui , soit longtemps le séjour du Corps législatif ; car cette classe de citoyens, si facile à tromper et à corrompre, s'accoutumerait à l'insulter, et, pour se populariser, la municipalité serait forcée de condescendre à ses désirs.- Souvenez-vous qu'un État, qui nous sert d'exemple en matière de liberté, a fait bâtir une ville exprès pour être dépositaire de la représenta don nationale.

« Je crois, dit-il en terminant, qu'il faut décréter qu'il y aura un maximum de population pour toutes les municipalités. »

« Ce qui m'étonne, réplique Collot d'ïïerbois, c'est que cette division en plusieurs municipalités soit proposée par ceux-là mêmes qui se plaignent si souvent de l'esprit de divergence des sections de Paris. Ils ne s'aperçoivent donc pas qu'ils organisent la résistance de diverses municipalités, qu'ils ôtent à l'unité du mouvement commun ce qu'il a de force, et qu'ils ne fortifient que ce qu'il a d'irrégulier.

« On à parlé de la" faiblesse du déparlement de

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