‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 13 sur 246 · LIVRE XXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII

« Je demande, ajoutait un autre orateur, que tous les citoyens qui seront convaincus d'être traîtres à la patrie.soient fusillés à l'instant. La tête des nobles nous est à charge ainsi que celle des calotins. »

Cette dernière proposition n'obtient pas l'approbation de Robespierre qui ce soir-là, saisi d'une agitation fébrile, allait sans cesse de l'Assemblée au club et du club à l'Assemblée. « Non, dit-il, il ne faut pas aiguiser vos sabres pour tuer les calotins. Ce sont des ennemis trop méprisables. Les fanatiques ne demanderaient pas mieux, pour avoir un prétexte de crier. Mais il faut chasser impitoyablement de nos sections tous ceux qui se sont signalés par un caractère de modérantisme. Il faut désarmée, non pas tous les nobles et les calotins, mais tous les citoyens douteux, tous les intrigants-, il faut lever une armée révolutionnaire de tous les sans-culottes, dont les faubourgs feront la force et le noyau. »

Après avoir de nouveau donné ainsi la mesure de son amour pour la liberté des opinions, le grand prêtre de la démagogie termine sa harangue par sa péroraison habituelle :

« Je sais que je suis spécialement désigné aux poignards des séides de Dumouriez, mais je serai heureux de mourir victime de mon dévouement pour le peuple. »

Pendant toute cette crise, le club Saint-Honoré, entraîné par la parole du maître, s'occupe beaucoup moins des moyens de faire face aux dangers de la pairie que

l'Assemblée, que ce discours, au lieu d'être accueilli par des applaudissements comme au club Saint- Honoré, n'excita dans la salle du Manège qu'un mouvement d'horreur.

de poursuivre de ses dénonciations les députés de la droite. Robespierre est fort applaudi lorsqu'il s'écrie: « N'allez point offrir vos bras et votre vie, mais demandez que ie sang des scélérats coule, que tous les bons citoyens se réunissent dans leur section et viennent à la barre de la Convention nous forcer de mettre en état d'arrestation les députés infidèles 1. »

Certaines sections n'étaient que trop bien disposées à répondre à cet appel*

Le II avril, on voit défilera la barre de l'Assemblée nationale un grand nombre de députations. La section du Théâtre-Français déclare qu'elle va se lever en masse contre l'ennemi et aussi contre les traîtres. Celle des Gravilliers demande : 1° que l'on fasse marcher, avant tous autres, les signataires des pétitions anticiviques des 8,000 et des 20,000, pour qu'ils couvrent de leurs corps les patriotes ; 20, que tous les riches dont le revenu etfcède 2,000 livres soient obligés de donner comme taxe de guerre tout ce qui dépasse cette somme. Celle des Quatre-Nalions veut que l'on sévisse contre les signataires de ces mêmes pétitions; que l'on forme une armée révolutionnaire; qu'on lève une légion de tyrannicides ; que l'on décrète une récompense d'un million pour tout citoyen français ou étranger qui apportera la tête d'un tyran; qu'on accorde à chaque défenseur de la patrie un revenu de six cents livres à prendre sur les biens des émigrés et des conspirateurs ; que Ton mette en état d'arrestation tous les membres de l'Assemblée

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