‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 131 sur 246 · LIVRE XXXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVIII

Varet, que l'on désignait comme étant l'auteur des motions incendiaires faites aux conciliabules de la mairie; l'autre, contre Hébert, ie célèbre auteur du Père Diichëne.

Les démagogues étaient déterminés à résister au premier acte d'exécution que tenterait la Commission extraordinaire. Dans les sections où ils sont les maîtres, ils s'entendent pour refuser d'obéir à l'arrêté qui ordonne l'apport des registres; ils décident que l'on ne se dessaisira sous aucun prétexte du « dépôt sacré où se trouvent consignées' les décisions du peuple souverain » (c'est ainsi qu'en amplifiant démesurément les choses, on ap^ pelait les délibérations d'une des quarante-huit sections de Paris). Mais la Commission extraordinaire n'est pas disposée à se payer de mots; elle envoie deux de ses membres au comité révolutionnaire de la section du Contrat-Social, qu'on lui avait désignée comme voulant s'ériger en comité central destiné à entretenir une correspondance avec toutes les autres sections. Le président Guiraut. après bien des difficultés, livre aux deux délégués de la commission des Douze. le registre des procèsverbaux; mais comme ce registre présente de nombreuses lacunes, il est obligé de leur avouer qu'il existe des feuilles volantes qui contiennent les délibérations non encore consignées sur le livre officiel. Les délégués exigent qu'on remette ces feuilles entre leurs mains et partent après avoir donné au président un reçu des papiers qu'ils emportent pour les examiner à loisir. Dès qu'ils apprennent l'acte de faiblesse dont Guiraut, suivant eux, s'est rendu coupable, les meneurs de la section

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

courent au Comité de sûreté générale, refuge et appui de tous les démagogues dans l'embarras. Le montagnard Osseïin se charge de porter leurs doléances à la tribune de l'Assemblée. El vient en effet dénoncer l'acte de tyrannie par lequel les Douze ont inauguré leur règne. Il les accuse d'avoir outre-passé leurs pouvoirs ; « On leur a, dit-il, confié le soin de surveiller les autorités constituées, non d'entraver leurs opérations. » II demande en conséquence que la Commission extraordinaire soit tenue de renvoyer, sous vingt-quatre heures, au Comité de la section du Contrat-Social, la minute ou au moins la copie des procès- verbaux enlevés. A peine Osselin'a-t-il terminé son réquisitoire, que Viger s'élance à la tribune; il déclare qu'il est un des deux commissaires qui se sont transportés à la section du Contrat-Social; il rétablit les faits que son accusateur a singulièrement dénaturés. Sur ce simple exposé, la Convention passe immédiatement à l'ordre du jour.

Pache avait été mis en demeure de fournir des explications sur les conciliabules nocturnes de la mairie. Il écrit à la Convention une lettre où il prétend expliquer de la manière la plus plausible les faits qui s'étaient passés. « L'administration de police, y disait-il, craignant de nouveaux mouvements contre-révolutionnaires, demanda aux sections de dresser une liste de

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