‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 135 sur 246 · LIVRE XXXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVIII

à cette barre par la section de la Fraternité soit envoyée à l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire; que le glaive de la loi tombe une fois au moins sur la tête des calomniateurs d'une ville qui a tout sacrifié à la Révolution.

« Un autre objet nous amène devant vous. Les magistrats du peuple, qui ont juré d'être libres ou de mourir, ne peuvent voir sans indignation la violation la plus manifeste des droits les plus sacrés. Nous venons vous dénoncer l'attentat commis par la commission des Douze sur la personne d'Hébert, substitut du procureur de la Commune; il a été arraché du sein du Conseil général et conduit dans les prisons de l'Abbaye. Le Conseil général défendra l'innocence jusqu'à la mort. Il demande que vous rendiez à ses fonctions un magistrat estimable par ses vertus civiques et ses lumières. Du reste, les arrestations arbitraires sont pour les hommes dé bien des couronnes civiques. »

Le président Isnard répond : « La Convention, qui a fait une déclaration des Droits de l'homme, ne souffrira pas qu'un citoyen reste dans les fers s'il n'est pas couv pable. Croyez que vous obtiendrez une prompte justice; mais écoutez les vérités que je vais vous dire : La France a mis dans Paris le dépôt de la Représentation . nationale , il faut que Paris le respecte. Si jamais la Convention était avilie, si jamais, par une de ces insurrections qui, depuis le 10 mars, ne cessent d'environner la Convention nationale , et dont les magistrats ne nous ont jamais avertis que les derniers... »

Isnard est ici violemment interrompu par les mur-

mures de la gauche. « Ce n'est pas là une réponse de président », lui crie-t-on,

« Si, dis-je, repren4 le fougueux girondin, par ces insurrections toujours renaissantes, il arrivait qu'on portât atteinte à la Représentation nationale, je vous le déclare au nom de la France...

« — Non , non ! » s'écrie-t-on à l'extrême gauche.

« — Oui, oui! dites au nom de la France », réplique le reste de l'Assemblée en se levant comme un seul homme.

Le i'biîsident. « Je vous le déclare au nom de la France entière, Paris serait anéanti; bientôt on chercherait sur les rives de la Seioe si cette ville a existé. »

A ces mots éclatent les vociférations de la gauche. Plusieurs orateurs, et notamment Danton, demandent la parole avec fureur. Le Président continue ainsi :

« Non-seulement la vengeance nationale tomberait sur les assassins des représentants du peuple, mais aussi sur les magistrats qui n'auraient pas empêché ce grand crime. Le glaive de la loi, qui dégoutte encore du sang du tyran, ést prêt à frapper la tête de quiconque oserait s'élever au-dessus de la Représentation nationale. »

L'orateur de la Commune réplique audacîeusement :

« Les magistrats du peuple, qui viennent vous demander la punition des' coupables, ont juré de défendre la sûreté des personnes et des propriétés. Ils sont dignes de l'estime du peuple français.et de la Convention nationale- »

Une dépulation de la section de l'Unité (autrefois des Quatre-Nations) vient renchérir en quelque sorte

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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