LIVRE XXXVIII
sur celle du Conseil général. Elle déclare que le complot qu'on prétend avoir été tramé contre la Convention nationale n'a jamais existé. Elle demande : 1" que Ton renouvelle le Comité de correspondance de la Convention, et que le nouveau prête serment de donner à l'Assemblée une connaissance fidèle de toutes les pétitions et adresses qui lui seront envoyées; 2° que l'on décrète l'établissement d'un tribunal composé d'un citoyen de chaque département, et chargé, à la fin de la session, de juger ceux des membres de la Convention qui auraient trahi les intérêts du peuple ; 3" que l'on convoque pour le 10 août prochain une nouvelle Fédération républicaine; qu'enfin on organise immédiatement l'armée révolutionnaire, qui doit être payée par les riches.
Toutes ces propositions sont renvoyées aux comités compétents.
Les deux dépulations sont admises aux honneurs de la séance; Danton obtient la parole.
« Assez et trop longtemps, dit-il, on a calomnié Paris. »
« — C'est faux! s'écrie-t-on adroite; on n'a jamais accusé Paris, mais les scélérats qui s'y trouvent. »
« — Du reste, reprend Danton, ce n'est pas pour disculper Paris que je me suis présenté à celte tribune, Parts n'en a pas besoin ; c'est pour la République entière. 11 importe de détruire auprès des départements l'effet de cette réponse, de cette imprécation du président contre Paris. Il est assez étrange qu'on vienne présenter la dévastation de cette ville par les départements... »
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« — Oui, s'écrient un grand nombre de membres, ils le feraient- »
« — Pourquoi supposer qu'un jour on cherchera vainement sur les rives de la Seine si Paris a existé. Loin d'un président de pareils sentiments! Il ne lui appartient que de présenter des idées consolantes.
« Je ne sais point dissimuler ma pensée. Parmi les meilleurs' citoyens , il en est de trop impétueux; mais ne condamnez pas ce qui a fait la Révolution, car s'il n'y eût pas eu d'hommes à grandes passions, si le peuple n'eût pas été violent, jamais il n'eût brisé ses fers. Et moi aussi, je fus au timon de l'État dans le temps des orages. Je défie ceux qui me supposent une. fortune immense de m' accuser. On m'a demandé des comptes, je les ai rendus, je demande à les rendre encore de nouveau devant un tribunal révolutionnaire.
« Je reviens à mon premier objet. Je dis que ce qui peut doubler la force nationale, c'est d'unir Paris aux départements ; il faut bien se garder de les aigrir contre Paris. Quoi ! cette cité immense qui se renouvelle chaque jour, ce centre politique où tous les rayons aboutissent, porterait atteinte à la Représentation nationale? Paris, qui a brisé le premier le sceptre de la tyrannie, violerait l'arche sainte qui lut est confiée? Non, Paris aime la Révolution; Paris, par les sacrifices qu'il a faits à la liberté, mérite les embrassements de tous les Français. Ces sentiments sont les vôtres? Eh bien, manifestez-les ; déclarez que Paris n'a jamais cessé de bien mériter de la patrie. Rallions-nous, que nos ennemis apprennent à leurs dépens que la chaleur de nos débats tient à l'éner-
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