LIVRE XXXIX
machines de guerre qui, faites pour agir séparément, mais pouvant s'unir au besoin, doivent triompher de tous les obslacles, vaincre toutes les résistances. La mise en mouvement de ces deux machines est confiée à des agilaleursdilTérenls.Lesunsdoivent être censés recevoir leurs pouvoirs directement des sections parisiennes, les autres, des autorités constituées du département. Les premiers doivent montrer dès l'abord «ne altitude essentiellement révolutionnaire, les seconds une attitude soidisant modératrice. Les rôles ainsi distribués, ce sont les violents qui prennent l'initiative; la section de la Cité, celle-même dont le président et le secrétaire venaient d'être arrêtés, puis presque aussitôt relâchés, se déclare en permanence; elle invite chacune des autres sections à nommer deux commissaires pour délibérer sur les dangers dont la patrie est menacée. Le rendez-vous est d'abord donné dans l'église Notre-Dame, le à quatre heures. Mais, bientôt, les meneurs se ravisent; ils pensent, non sans motif, qu'à raison des confidences qui doivent s'échanger dans cette réunion, il est préférable de choisir un local plus retiré. Ils désignent la salle capitulaire de l'évêché, où se sont tenus plusieurs fois des conciliabules du même genre l.
A cette assemblée se présentent des commissaires ayant reçu de leurs sections des pouvoirs plus ou moins illimités. Un certain nombre se sont nommés eux-mêmes de leur autorité privée. Mais Us sont bons patriotes, prêts
' 4. Cetle délibération est signée par le fameux Maillard en qualité de vice-président de la section de la Cité. Ce nom était assez significatif.
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à tout faire. Cela seul suffit pour les faire admettre et pour rendre leurs pouvoirs excellents1. Dès la première réunion, on renouvelle les propositions faites la semaine précédente dans ces conciliabules de la mairie; on adopte ces mêmes motions que Paché avait désavouées d'une façon si énergique. On déclare nettement que Paris va se mettre en insurrection contre les factions aristocratiques, oppressives delà liberté - .
■1. Dans les sections qui n'élaient pas sûres, on usa d'un excellent moyen pour avoir des commissaires sur lesquels on pût compter. Ce moyen est très-naïvement indiqué dans la délibération suivante prise par la société dite patriotique de la section de la Butle des Moulins, qui, tout uniment et sans mandat, se substitue à la section elle-même.
Extrait des registres des procès-verbaux de la société patriotique de la section de la Butte des Moulins.
•< 30 mai 1703.
« Un membre a représente qu'il était urgent de nommer deux commissaires pour se joindre à ceux des quarante-huit sections assemblés à l'Évêché, attendu que la majorité de la section, connue par son incivisme et son esprit contre-révolutionnaire, avait, dans cette circonstance, comme dans celle où il fallut nommer des commissaires pour se rendre à l'invitation de nos frères les Cordeliers, refusé obstinément de répondre à cette invitation. La société, convaincue de la vérité de cet exposé, bien assurée que la majorité de la section, ou so refuserait à cette nomination, ou nommerait des commissaires qui n'auraient pas la confiance des uatriotes, a délibéré de nommer deux commissaires qui , investis de toute la confiance des patriotes de la section, pussent concourir- au salut de la patrie de concert avet les commissaires des autres sections, et, en conséquence, elle nomme les citoyens Jean-Baptiste Loys et Michel Boissière commissaires des patriotes de la section de la Butle des Moulins, et leur donne des pouvoirs illimités, à l'effet d'aviser aux moyens de sauver la patrie.
a Buquier, président par intérim. »
2. Comme on peut le croire, il ne fut pas tenu procès-verbal ré-
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