‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 163 sur 246 · LIVRE XXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIX

lion. Sur la place du Carrousel, dans le jardin des Tuileries, sur les boulevards, s'entassaient des curieux inoflensifs. Tl faisait un temps admirable. Les femmes, assises devant les portes pour voir passer l'émeute, s'impatientaient de ce qu'elle tardait tant. Bien ne paraissait, rien ne bougeait.

Les meneurs de l'Hôtel de Ville avaient compté recevoir une grande force de la réunion que le Conseil général du département avait convoquée deux jours auparavant, pour le 31, dans la saile des Jacobins. Conformément au programme arrêté, les commissaires des autorités constituées du département et des quarante-huit sections s'y réunissent et nomment une commission de onze membres autorisés d'avance à prendre toutes les mesures de salut public qu'ils jugeraient nécessaires , et à les mettre directement à exécution. Aussitôt après leur nomination, ces nouveaux commissaires se transportent à l'Hôtel de Ville; ils y sont reçus à bras ouverts *. Tous les éléments de la

1. Un autre concours avait été offert au Conseil général de la Commune par une clé pu talion de citoyennes de la Société républicaine, qui demandaient à être admises à délibérer avec le Comilé révolutionnaire. Le Conseil fit répondre à ces dames que le Comilé n'était pas un club, mais qu'il était composé des députés des quarante-huit sections.

Ces citoyennes ne se rebutèrent pas. Le 2 juin, elles se présentèrent à la Convention pour l'entretenir d'un objet important, disaientelles. Mais l'Assemblée était alors trop occupée pour faire droit à leur requête. Les lettres, pouvoirs et adresses émanés de cç club féminin, qui avait son siège dans l'une des salles du couvent des Jacobins, sont signés : Pauline Léon, présidente. C'est un nom qui doit être conservées l'histoire.

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conspiration se trouvaient ainsi réunis. On se met il l'oeuvre à l'instant même, on s'empresse de réparer le temps perdu. Ce qu'il y avait de plus urgent, c'était de réchauffer le zèle des sections, qui, généralement, se montraient assez tièdes. On envoie dans chacune d'elles des commissaires chargés de répandre des nouvelles alarmantes que l'on prétend avoir reçues de Lyon , de la Vendée et des armées1.

Mais revenons à la Convention et écoulons la députalion de la Commune que nous avons laissée à la barre.

« Législateurs, dit l'orateur des pétitionnaires, le Conseil général provisoire...

« — Nous ne le reconnaissons pas, s'écrie la droite avec énergie.

« — Au nom du salut public, qu'on les entende! hurle le boucher Legendre.

1 . Le Pouvoir exécutif [ut obligé , dans lu journée du 31 mai , de prendre l'arrêté suivant pour empêcher la propagation des fausses nouvelles :

« Le Conseil, informé qu'il se répand des bruits de prétendues défaites essuyées par les armées rie la République, soitdans la Vendée, soit aux frontières du Nord, arrête qu'il sera publié à l'instant un placard en forme d'avis pour démentir ces faits faux et annoncer aux citoyens qu'il n'est parvenu aucune nouvelle fâcheuse d'aucune des armées de la République, •

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