‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 175 sur 246 · LIVRE XL · texte numérisé non relu

LIVRE XL

Mais si la Convention s'était séparée, croyant que tout était fini, on veillait à l'Hôtel de Ville, aux Jacobins, dans les sections; on se transmettait des arrêtés et des mots d'ordre ; on se préparait à recommencer l'agitation le lendemain. On gourmandait l'apathie de ceux qui s'étaient chargés de diriger le mouvement ; .

Je territoire de laquelle demeuraient M. et M'"* Roland, les avait pris sous sa sauvegarde. 11 fallut que le Conseil général de !a commune envoyât six commissaires à celte section pour l'engager à donner suite au mandat d'arrêt.

L'écrou de M™ Roland est ainsi consigné sur les registres de l'Abbaye :

Ordre de Marquet, Municipalité de Paris 1" juin. La citoyenne président par inté- et Comité révolu- Roland, épouse du rim, et Clémence, lionnaire central, ministre, entrée eu secrétaire de la d'après un arrêté prison le 1" juin. Commission. pris par la Corn-'

31 mai. mission.

1. Voici notamment comment s'exprimait la section des Piques, à laquelle appartenait Robespierre, et qu'il ne cessa de diriger plus ou moins ouvertement : « Les hommes qui ont déterminé le peuple, fatigué de trahison, à s'insurger pour recouvrer enfin ses droits, se sont conduits de' manière à faire croire qu'ils sont d'.intelligence avec les ennemis du peuple. La Commune anéantie, ce matin, par la volonté souveraine du peuple , et malheureusement recréée aussitôt par l'effet de la confiance que le peuple de Paris a cru pouvoir mettre en elle, confiance à laquelle elle a si mal répondu, semble avoir considéré son anéanlïssement comme un rêve, et, à peine recréée, oubliant son créateur, elle agit comme si elle existait de toute éternité, indépendamment de la volonté du peuple souverain.

« L'insurrection excitée aujourd'hui par le son du tocsin et te canon d'alarme, et terminée sans aucune espèce d'avantage pour la chose publique, ne fait que donner de nouvelles armes à nos ennemis

Le 1er juin, la Convention nationale ouvre sa séance à dix heures du matin, sous la présidence de Mallarmé. Les premiers moments sont consacrés à la lecture de a correspondance et à l'adoption de plusieurs mesures financières. Le président donne connaissance d'une lettre de Roland, qui rappelle à la Convention le décret formel qu'elle a rendu, et aux termes duquel, si ses comptes ne sont pas apurés dans quinze jours, il pourra sortir de Paris. Ces quinze jours sont expirés. L'ex-ministre de l'intérieur demande à user du bénéfice du décret.

Defermon appuie celte réclamation. Jean-Bon-Saint- André répond que si le comité des finances n'a pu faire son rapport dans le terme indiqué, c'est qu'il a été accablé de travaux extraordinaires. Collot d'Herbois va plus loin : « Il ne suffit pas, dit-il, que Roland ait rendu ses comptes pour cesser d'être responsable. Il est un

el leur procurer le moyen d'ajouter le ridicule de la plaisanterie aux calomnies déjà versées à pleines mains sur la ville de Paris.

«On a proposé en conséquence d'arrêter que la Commission révolutionnaire et le nouveau Conseil général de la commune soni indignes de la confiance de la faction. Si, dans vingt-quatre heures, la patrie n'est pas sauvée, les sections seront invitées à nommer de nouveaux commissaires dignes de leur confiance, qui se réuniront à l'Évéché, et qui, revêtus de pouvoirs illimités, seront chargés de prendre les grands moyens qui peuvent seuls sauver la chose publique. 0

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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