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La Commune avait siégé en permanence depuis le matin. Elle savait heure par heure, par ses commissaires, ce qui se passait à la Convention et s'occupait des moyens d'amener sa rivale à subir ses dernières volontés.
Une nouvelle adresse est élaborée; le Conseil général décide qu'elle sera portée à l'Assemblée par douze commissaires choisis, six parmi les membres de la municipalité, six parmi ceux du Comité révolutionnaire; mais, au moment même où ils vont quitter l'Hôtel de Ville, on apprend que la Convention a levé la séance,
1. Toute la fin de la séance du icr juin au matin est tronquée dans le Moniteur. Aussi l'auteur dos Mémoires apocryphes de Levasseur (de la Sarthe), et M. Louis Blanc, qui suit les errements de co singulier guide, prétendenl-ils que les Girondins n'ont fait aucune opposition à l'adresse de Barère et l'ont subie, sinon acceptée. On peut voir ce qu'il en est, d'après les discours de Lasource et de Vergniaud. M, Louis Blanc se serait épargné une erreur capitale dans le récit d'un épisode si important, s'il avait consulté le Journal des Débats et Décrets, n" 238, et le procès-verbal de la Convention, deux documents imprimés el à la disposition de tous.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
3<i6 HISTOIRE DE LA TERREUR.
force est donc de surseoir à la présentation de l'adresse et d'attendre le retour de Pache, qui a été appelé par le. Comité de salut public.
Pendant ce temps, le tocsin sonnait de nouveau, la générale rappelait les citoyens à leur section. Les ateliers avaient été ouverts toute la journée; mais le i." juin étant un samedi , jour de paye, on se hâtait de laisser l'ouvrage pour s'enquérir de ce qui se passait. Des rassemblements nombreux se formaient au coin des rues et sur les places. On y répandait les bruits les plus alarmants. Quant aux volontaires payés à quarante sols par jour, ils étaient déjà enrégimentés, car on n'exigeait ni armes ni uniforme. On les avait presque exclusivement recrutés parmi ces individus qui pullulent dans les grandes villes et y vivent au jour le jour, en quête d'agitation et de désordre.
Pache s'était rendu au Comité de salut public. 11 était accompagné du président, du procureur généralsyndic et de plusieurs autres membres du département. Il y trouve Marat qui était. venu gourmander l'inertie «le ses collègues et leur arracher une convocation de l'Assemblée qui permît aux démagogues d'en finir le soir même.
Le maire de Paris expose « que toutes les sections sont réunies, que les citoyens sont fatigués des calomnies d'une faction puissante et demandent unanimement justice de ses manœuvres, qui ont pour but de provoquer l'hostilité des départements contre Paris, de diviser la République et d'établir le fédéralisme. »
Sur l'interpellation qui lui est adressée, Pache re-