‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 181 sur 246 · LIVRE XL · texte numérisé non relu

LIVRE XL

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connaît que depuis deux jours il existe ù l'Hôtel de Ville un Comité révolutionnaire. « Ce Comité, ajoute-l-i! , n été élu par le peuple du département de Paris. II se composait primitivement de dix membres nommés par les commissaires réunis à l'Évêché. Depuis, on leur a adjoint quinze autres membres nommés par les délégués des autorités constituées du département, rassemblés dans la salle des Jacobins; en tout vingt-cinq membres. Ils sont, du reste, autorisés à prendre toulesles mesures de sûreté qu'ils croiront convenables J. » Jamais encore on n'avait avoué officiellement, d'une manière aussi explicite, l'existence de ce nouveau pouvoir révolutionnaire et les attributions exorbitantes qui lui avaient été confiées. Cependant le Comité de. salut public s'abstient de protester contre cette création illégale; il voudrait louvoyer entre tous les partis et surtout ne pas augmenter l'influence déjà trop grande des meneurs de la Commune.

Sur l'insistance de Pache et de Marat, il leur promet de convoquer l'Assemblée pour le soir même; mais il se garde bien d'accomplir sa promesse, et laisse aller au hasard les événements que son devoir était de diriger.

En sortant du Comité, le maire de Paris et l'Ami du Peuple se rendent de compagnie à l'Hôtel de Ville. Pache annonce au Conseil général que,' grâce à sou intervention, la Convention va ê^re convoquée pour le soir même, et que l'adresse préparée le malin pourra

1. Nous copions ici presque mot à mol le procès-verbal de la séiuice du Comité de salut publie, que nous avons eu le bonlieur de retrouver.

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lui être présentée dans cette séance extraordinaire. Puis il cède modeslemenl la parole à Marat, en le remerciant de vouloir bien honorer la Commune de sa présence et de ses conseils. VAmi du Peuple fait la théorie de l'insurrection et invite ses auditeurs à la mettre tout de suite.cn pratique.

h Lorsqu'un peuple, et un peuple libre, dit-il, a confié son bonheur et ses intérêts à une autorité constituée par lui, ce peuple doit sans contredit s'en rapporter à ses mandataires, respecter leurs décrets, ne point les troubler dans leurs délibérations, et les tenir pour inviolables dans l'exercice de leurs fonctions. Mais si ces représentants du peuple trahissent sa confiance, si le peuple, trouvant sans cesse à se plaindre, s'aperçoit qu'il s'est trompé dans son choix, ou que ceux qu'il a choisis ont été corrompus; si, en un mot, la représenla- ' tion nationale met la chose publique en danger au lieu de la sauver, alors, citoyens, le peuple doit se sauver lui-même; il n'a plus de ressources que dans sa propre énergie.

« Levez-vous donc, peuple souverain; présentezvous à la Convention, lisez votre adresse, et ne désemparez pas de la barre que vous n'ayez une réponse ■définitive, d'après laquelle vous agirez d'une manière conforme au maintien de vos lois et à la défense de vos intérêts. Voilà le conseil que j'avais à vous donner. »

Ce discours est couvert d'applaudissements. Marat se retire au milieu des marques du plus vif enthousiasme. A sa suite, la députation précédemment nommée quitte

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