‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 210 sur 246 · XI V · texte numérisé non relu

XI V

Jusqu'au dernier moment, les Girondins eurent la majorité dans la Convention; c'est ce qu'atteste la

se sont présentés dans la cour et le jardin du palais national, ont été les mômes qu'ils ont constamment exprimés dans tous moments de l'insurrection. Qu'il ne faut imputer qu'à un mouvement irrésistible leur approche du palais national, qui avait donné lieu de dire qu'ils voulaient empCeher les représentants du peuple de sortir du lieu de leur séance; que la municipa!ilé,que le Comité révolutionnaireavaient donné les ordres les plus précis aux citoyens armés de se tenir éloignés du palais national; qu'au surplus, ils n'ont pas pénétré dans les pièces du palais; que la garde de l'intérieur n'a pasélé plus nombreuse que la garde ordinaire, que si les citoyens ont dit dehors el à leur poste aux députés qui voulaient sortir pendant la séance, cela ne doit, s'attribuer qu'au vœu de tous de sortir de l'état d'incertitude dans lequel on était, et de voir ces mouvements calmés par un décret digne de la sagesse et de la justice des représentants du peuple.

« Ils ont assuré que la ville est tranquille cl que la Convention nationale est environnée de l'estime et de ta confiance de tous les citoyens; qu'il n'est aucun d'eux qui ne fit le sacriûce de sa vie pour assurer celle des représentants du peuple; que les dépositaires provisoires de la puissance insurrectionnelle vont déposer leur autorité el cesser incessamment toutes leurs fondions; qu'ils emploient tous leurs soins à Taire cesser le mouvement général et à remettre, sans danger, sans secousse et sans agitation, le plein el libre exercice des fonctions administratives et municipales aux seules autorités constituées; qu'ils en informeront demain le Comité de salut public. »

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

présidence conférée à Lasource, le 18 avril ; à Fonfrètle, le 2 mai; à Isnard. le 16; c'est ce qu'attestent également la décision de l'Assemblée, qui, le 22 avril, déclara calomnieuse la pétition de la Commune; la création de la commission des Douze, qui ne fut supprimée le 27 mai que pour être rétablie avec éclat le lendemain;' enfin la résistance, trois jours durant, de la Convention aux violences de la Commune.

Le 2 juin fut donc un véritable coup d'Etat dirigé contre la représentation nationale. L'école ultra-révolutionnaire, qui croit que la fin justifie les moyens, l'a glorifié; l'école fataliste, qui proclame la légitimité du fait accompli, l'a enregistré sans protestation. A l'une et à l'autre de ces doctrines nous devons une réponse.

Comment des écrivains qui ont la prétention d'aimer et de servir la liberté n'ont-ils pas vu qu'en se refusant à condamner les fauteurs de cette journée, ils absolvaient par cela môme tous les coups d'État dont les dates néfastes sont inscrites dans nos annales? Démocratie ou césarisme, qu'importe le dogme que l'on invoque! prétoriens en haillons, ou prétoriens en uniforme, qu'importent les instruments! violence ou ruse, qu'importent les moyens !

Sans le. coup de hache du 2 juin, dites-vous, la contre-révolution s'accomplissait, l'étranger dictait des lois à notre patrie Eh quoi! si le parti modéré n'avait pas été ce jour-là vaincu, dispersé, décimé, la France était envahie, partagée, livrée à toutes les horreurs des ven-

■1. Louis Blanc, Histoire de la Révolution, t. VIII, p. 294.

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