‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 44 sur 246 · Celle lettre était aiosi conçue · texte numérisé non relu

Celle lettre était aiosi conçue

« Saint-Amand, le 2 avril.

» Je crois devoir, mon cherBiron, vous prévenir de la situation inouïe ou nous sommes : Dumouriez en état d'arrestation et faisant arrêter le ministre et les commissaires; Lille et Valenciennes remplies dedépulés; lesennemisaunombrede 60,000 hommes, victorieux à deux lieues de nous, pas de provisions et point de fourrages : voilà où l'on a mis la République; tous les généraux arrêtés, excepté moi, parce que je suis blessé; LignevîIIe, d'Harville, Boucher, etc., etc. Les traîtres qui vendent la France font arrêter les généraux pour la livrer plus aisément.

aQuelle différence de notre sort quand, en Champagne, nous préférions la mort aux fers des despotes I Ici des représentants du peuple sont mis en mouvement, peut-être à leur insu, et livrent la République- Adieu, mon cher général; vous voilà instruit de notre situation. Je vais donner ma démission ; malade et blessé, je ne puis servir utilement ici dans de telles circonstances ; mon cœur est ulcéré.

«Le général en chef, « Valence. »

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

ministre qui annonçaient la ftiile du traître. Il n'y avait plus à hésiter. Biron se hâta, de remettre aux représentants du peuple la lettre de Valence, et d'écrire à la Convention une lettre remplie de protestations de dévouement. Néanmoins, quelque temps après, la conduite de Biron parut suspecte au Comité de salut public. On l'envoya commander l'armée destinée à agir contre les révoltés du Poitou et de la Bretagne; armée qui n'était encore représentée à ce moment que par quelques corps de troupes peu nombreux, épars sur «ne immense surface de territoire et presque aussi indisciplinés que les bandes qu'ils avaient à combattre'.

Nous avons raconté dans le volume précédent les débuts de l'insurrection de l'Ouest3. Reprenons notre récit là où nous l'avons laissé, c'est-à-dire au moment où les autorités départementales se décident à prendre partout l'offensive pour anéantir dans son germe la révolte de ces paysans mal armés, sans chefs et sans munitions.

1. Pour passer en revue la situation de toutes les armées de la République, il nous faudrait dire un mot des deux armées des Pyrénées orientales et des Pyrénées occidentales. Mais ces deus armées n'existaient encore, pour ainsi dire, que sur le papier. Les premières hostilités de la par': des Espagnols ne commencèrent que le 18 mai par l'atiaque du camp de Thuir.

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