‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 47 sur 246 · LIVRE XXXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIV

brigands qui ont usurpé l'autorité légitime, porté leurs mains sacrilèges sur la personne du meilleur des rois, et détruit la monarchie, la justice et la religion, déclare à la face du ciel et de la terre qu'il ne reconnaît et ne reconnaîtra jamais que le roi de France pour son seul et légitime souverain, auquel iijure obéissance et. fidélité; qu'il ne reconnaît plus la prétendue Convention natiouale, ni les départements, ni les districts, ni les municipalités, ni les clubs, ni les gardes nationales. »

La première attaque, partie du quartier général de Machecoul, est dirigée contre Pornic. Profitant de l'absence des gardes nationaux qui étaient allés dans les environs protéger l'arrivée d'un convoi de blés, les Blancs, au nombre de trois ou quatre mille, arrivent jusqu'aux portes de la ville sans trouver un poste ni une sentinelle. Après une fusillade de quelques minutes, ils y pénètrent; mais bientôt, oubliant toutes les règles de la prudence, ils se mettentà piller et à boire; beaucoup tombent ivresmorts au coin des rues et sont incapables d'opposer la moindre résistance, lorsque, à sept heures du soir, se présentent les gardes nationaux sortis le matin : ceux-ci obtiennent facilement raison de ces envahisseurs dispersés et avinés, et en massacrent deux cents A.

Les survivants de cette échauffourée s'en prirent à leur commandant, le marquis de La Roche-Saint-André, qui eut beaucoup de peine à échapper à leur fureur.

1. Le lendemain de la prise de Pornic, un jeune chef vendéen, nommé Flaming, trahi par l'hôte auquel il s'était. confié, fut amené à Couefie, commandant de la garde nationale de Pornic. Celui-ci, sans autre forme de procès, le tua d'un coup de pistolet à bout portant.

Charelte avait jusque-là partagé avec celui-ci le commandement de tout le pays. Resté seul, il se hâte de venger l'échec subi à Pornic par les siens. Le 27 mars il réoccupe cette petite ville après une assez vive résistance, et le jour même il annonce sa victoire au comité royaliste de Machecoul dans une lettre où, par ironie, il emprunte plusieurs de ses expressions au vocabulaire démagogique :

« Frères et amis, nous avons pris Pornic avec le secours de l'Etre suprême, dans une demi-heure. Les brigands de cet endroit s'étant réfugiés dans différentes maisons d'où, ils pouvaient nous faire beaucoup de mal, je ne trouvais que le feu qui pût faire sortir ces coquins de leurs cavernes. Vous me trouverez peut-être sévère dans mes expéditions; mais vous savez comme moi que la nécessité est un devoir, La perte de l'ennemi est à peu près de 60 hommes. Nous n'avons eu que deux hommes blessés, encore il y en a un qui l'a été par sa faute. Vous recevrez demain un canon do 18 et un pierrier que nous avons pris à Pornic.

« Nous sommes, frères et amis, dévoués pour la bonne cause jusqu'à la mort.

« Le chevalier Charettis, commandant.

« Pornic, 11 mars 1103.»

Pendant ce temps, des bandes de paysans armés battaient la campagne pour s'emparer de tous les Bleus résidant dans le pays et les conduire à Machecoul; mais souvent les prisonniers n'arrivaient pas jusqu'à leur destination. Il y eut notamment qualre patriotes tués à Bourgneuf^ quatorze prisonniers venant de Port-Saint-

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