LE TRIOMPHE DE MA RAT
La menace formulée par Camille Desmoulins ne tarde pas à se réaliser. Le 15 avril, au commencement de la séance, le président Delmas annonce que les commissaires des sections de Paris demandent à présenter une pétition.
« On la connaît déjà cette pétition, s'écrie Fonfrède. Elle a pour but le renvoi de plusieurs membres de cette Assemblée. Je demande que les commissaires soient admis à l'instant, afin de montrer aux déparlements qu'ils ont le droit d'imiter Paris et de rappeler ceux de leur mandataires qui ont perdu leur confiance. »
Après une assez courte discussion, cette motion est adoptée. Pache et Hébert sont à la tète de la dépulation. Le maire fait observer que l'adresse qui va être lue par Rousselin a obtenu l'adhésion de trente-cinq sections sur quarante-huit, et, en outre, l'assentiment du Conseil général de la commune 1.
1, Parmi les membres de la députation se trouvaient Tnichon,
144 HISTOIRE DIï LA TERREUR.
Elle reproduisait toutes les accusations banales lancées depuis deux mois contre la Gironde» réclamait l'expulsion de vingt-deux membres de l'Assemblée % et se terminait ainsi :
K Nous demandons que cette adresse, qui est l'exposition formelle des sentiments unanimes, réfléchis et constants du. département dis Paris, soit communiquée à tous les départements, par des courriers extraordinaires, et qu'il y soit annexé la liste ci-jointe de la plupart des mandataires coupables du crime de félonie envers le Peuple souverain, afin qu'aussitôt que la majorité des départements aura manifesté son adhésion, ils se retirent de cette enceinte. »
l'homme des massacres de seplcnibre, et Simon, le futur précepteur de l'orphelin du Temple.
Roussel in était l'ami intime et le confident de Danton. Camille Desmoulins, son aller ego, venait de faire paraître son fumeux pamphlet : Histoire des Brissotins. La main de l'ex-ministre de la justice se retrouve dans tous les incidents de la crise qui se termine par la chute de la Gironde. Qu'on ne prétende donc pas qu'il y est resté presque étranger.
4- Les vingt-deux députés que les sections de Paris désignaient ainsi à l'ostracisme étaient Brissot, Guadet, Vergniaud, Gensonné, Grangeneuve, Buzot, Barba roux, Salles, Biroteau, Ponlécoulanl, Pélion, Lanjuinais, Valazé, Hardy, Lehardi , Louvet, Gorsas, Fauchet, Lanthenas, Lasource, Valadj,.Chambon.
A ce nombre de 11 s'attacha une sorte de fatalité. Les démagogues, qui remanièrent plusieurs fois cette liste', eurent soin de laisser subsister le même nombre en changeant seulement quelques noms. Lors de l'holocauste du 31 octobre, il se trouva encore vingt et une victimes, quoique plusieurs proscrits eussent échappé par la fuite aux vengeances démagogiques. On trouva facilement d'autres coupables pour remplacer ceux qui faisaient ainsi défaut.