LIVRE XXXVI
« et dans l'ordre où ils se trouveront placés, et il inler- «i rogera l'assemblée en ces termes :
« Le député que je viens de nommer a-t-il perdu « votre confiance, oui ou non ?
« Le vœu de l'assemblée sera exprimé par assis et « levé, et, en cas de doute, par appel nominal.
« Art. 4. Le procès-verbal de chaque assemblée « primaire contiendra deux colonnes. Sur l'une seront « inscrits les membres qui auront obtenu le témoignage « de la confiance de l'assemblée ; sur l'autre, les raem- « bres qui ne l'auront pas obtenu. Les procès- verbaux « seront envoyés, dans les trois jours de leur confection, « à l'administration du département, qui les fera passer « sans aucun délai à la Convention nationale.
« Art. 5. Il sera nommé, par la Convention nàtio- « nale, une commission pour recevoir, vérifier et recen- » ser les procès-verbaux de chaque assemblée primaire, « et le recensement général sera imprimé.
« Art. 6. Les membres qui auront contre eux le « vœu de la majorité des assemblées primaires seront « de droit exclus et remplacés par leurs suppléants.
« Art. 7. Il sera fait une adresse aux assemblées « primaires pour leur exposer les motifs de cette con- « vocation. »
Lasource, dans cette circonstance, avait agi comme faisaient souvent plusieurs de ses amis politiques. Il n'avait voulu partager avec aucun autre la gloire d'une proposition aussi importante. Aussi qu'arriva-t-il ? Personne ne se leva pour la soutenir.
A la séance du 17 avril, se succédèrent à la barre
HISTOIRE DE LA TERREUft.
deux députalioDS animées d'un esprit bien -différent. La première était composée des délégués de la ville de Bordeaux , la seconde des administrateurs du département de Paris. L'une avait pour mission de dénoncer la correspondance envoyée par les Jacobins dans les départements ; l'autre venait demander des mesures législatives pour établir la réglementation du commerce des grains et l'établissement d'un maximum. Les Bordelais déposent sur le bureau du président une série de pièces qui prouvent, suivant eux, jusqu'à l'évidence, les complots ourdis contre l'Assemblée nationale. Une de ces lettres annonce, dans le langage cynique du temps, que l'intention des frères et amis est de faire passer te goût du pain à plus d'un représentant.
Au moment où un des secrétaires lit ce passage, des applaudissements partent de Tune des tribunes; l'Assemblée frémit d' indigna lion. « 3e demande, s'écrie Doulcet de Pontécoulant, que le procès-verbal constate que des applaudissements se sont fait entendre à l'annonce d'un massacre dans Paris. Il est temps que les départements sachent à quels outrages et à quelles menaces nous sommes en bulle. Quant à moi, je le déclare, je ne descendrai de celte tribune que percé de coups. Je brave les poignards des assassins. »
Les honneurs de la séance sont accordés aux Bordelais, et la parole est donnée à Lhuillier, procureur-général-syndic du département de Paris, Pour ramener l'abondance au milieu de la lamine, ses amis et lui n'ont rien imaginé de mieux que de demander : 1° la fixation d'un maximum du prix du blé dans toute la République ;