‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 8 sur 246 · C'est Roland que Danton désigne ainsi · texte numérisé non relu

C'est Roland que Danton désigne ainsi

2. Ainsi se trouve prouvée une fois de plus !a manière plus qu'étrange dont les voles avaient été obtenus en Belgique en faveur de la réunion. Des coups de plat de sabre distribués ii ceux qui manifestaient quelque velléité d'opposition, cent mille écus au moins consacrés à échauffer l'enthousiasme des émeutiers et à solder le traitement des apôtres de la liberté, tels furent les arguments mis en œuvre par les commissaires du pouvoir exécutif. (Voir t. VI, p. -144.)

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

livkiï xxxm.

scélérats qui ontoséin'accuser, je me suis retranché dans la citadelle de la Raison, j'en sortirai avec le cation de la Vérité. »

En regagnant sa place, Danton est l'objet d'une véritable ovation de la part de ses collègues de la Montagne. Les applaudissements des tribunes se prolongent pendant quelques minutes.

Lorsque le calme est un peu rétabli, Fabre d'Églantine vient démentir le fait que Biroteau lui a imputé, d'avoir demandé à mots couverts un roi ou un dictateur. Pour toute réponse les Girondins proposent un décret ainsi conçu : « La Convention, considérant que le salut du peuple est la suprême loi, décrète que, sans avoir égard a l'inviolabilité d'un représentant de la nation française, elle décrétera d'accusation celui ou ceux de ses membres contre lesquels il y aura de fortes présomptions de complicité avec les ennemis de la liberté, de l'égalité et du gouvernement républicain, résultant des dénonciations ou des preuves écrites déposées au Comité de défense générale, chargé des rapports relatifs aux décrets d'accusation à lancer par la Convention. »

Cette mémorable séance du 4 e' avril marque bien la profondeur de l'abîme qui se creusait chaque jour davantage entre la Gironde et la Montagne. La Gironde y donna l'exemple de toutes les iinpérities et de toutes les imprévoyances; elle attaqua Danton sans preuves suffisantes. lHlle indiqua le sort qu'elle réservait à ses adversaires en prononçant pour la première fois le nom d'échafaud. Elle proposa et fit adopter un décret qui détruisait, sans application immédiate et spéciale, l'in-

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

violabilité des représentants du peuple, et donnait une libre carrière à toutes les haines et à toutes les vengeances.

Coïncidence digne de remarque, la Gironde et la Montagne se déclaraient une guerre à mort au moment même où, à soixante lieues de là, Dumouriez, arrêtant les commissaires de la Convention, levait l'étendard de la révolte et proclamait la déchéance de l'Assemblée.

La séance du 2 avril est marquée par un nouvel incident. — La section du Mail vient dénoncer l'assemblée illégale tenue à l'Évêché.

Sa dénonciation est aussi netle que catégorique; elle déclare qu'elle a été induite en erreur sur la portée des intentions de ceux qui ont provoqué cette réunion, qu'elle vient de révoquer les pouvoirs de ses commissaires, qu'elle entend ne se soumettre qu'aux autorités constituées et aux lois émanées de la Convention nationale. On apprend en même temps que six autres sections qui avaient également envoyé des commissaires à la réunion, Beaurepaire, la Croix-Rouge, l'Arsenal, le Marais, les Gravilliers et les Arcis, ont pris des arrêtés dans le même sens, et que dès lors le comité central n'a plus l'adhésion de la majorité des sections.

Barère connaissait dès le matin ce revirement d'opinion. Toujours prêt à faire parade de son courago et de sa fermeté stoïque lorsqu'il n'y a aucun danger à cou-

Page 1