‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. sixièmeChapitre 100 sur 246 · livre xxix. ■<■ m · texte numérisé non relu

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multe effroyable qu'entretiennent le continuel va-et-vient des députations, le cliquetis des armes, les harangues désordonnées des sectionnai res, les clameurs de la multitude qui se presse au dedans et au dehors, on discute les moyens de sauver la patrie.

Voici ceux que propose un des orateurs : « Que tous les bons patriotes qui se trouvent réunis dans la salle de la rue' Saint-Honoré se divisent en deux troupes, dont Tune se portera sur la Convention pour se débarrasser de ceux qui ont refusé de voter la mort du roi; l'autre, au ministère des affaires étrangères, où sont assemblés les membres du Pouvoir exécutif, pour y faire maison nette. » Un autre, plus modéré, veut qu'on se borne à mettre en état d'arrestation les ministres et les membres du côté droit. Sur ces entrefaites arrive Dubois-Crancé qui, quoique montagnard déterminé, adjure ses collègues du club de repousser les motions incendiaires. Les affidés du comité d'insurrection, voyant que la masse des jacobins hésite à donner le signal, quittent le club et courent aux Gordeliers qui siégeaient sur la rive gauche de la Seine0, près de la rue Saint-André-des-Arts.

Ils y trouvent des dispositions plus énergiques. A leur demande, cette société prend un arrêté qui invite les autorités parisiennes à s'emparer de l'exercice de la souveraineté et à mettre en arrestation les membres delà Convention traîtres à la cause du pays1. Fouroier l'Améri-

H. lîapport du ministre de la justice du t'& mars. Discours de Dubois-Crancé également à la séance du 4 3 mars.

m HISTOIRE Diî LA TfiHKJEUR.

eainet Varlet, deux des principaux conjurés, s'emparent de cet arrêté aussitôt qu'il est libellé et vont le porter à la Commune. Le Conseil général ne pouvait être que trèsflatté de la confiance que lui témoignaient les conjurés ; mais, dans l'exposé que lui font ceux-ci de leurs moyens d'action, il ne voit pas des éléments de succès suffisants et refuse de prendre au mouvement populaire la part que le comité de la rue Saint-Honoré lui avait réservée. Quatre sections seulement1 adhèrent à l'arrêté de la société des Cordeliers et adoptent une adresse préparée d'avance où il est dit : « Que l'évacuation de la Belgique est l'œuvre de la faction impie qui paralyse la Convention nationale et déchire le sein de la République ; que les succès des ennemis de la . France sont dus au traître Dumourîez et aux menées odieuses des Roland, des Brissot, et de leurs amis; qu'il faut donc s'en, débarrasser à tout prix. »

Pendant ce temps, la Convention avait ouvert sa séance du soir et recevait les députations de diverses

4. Ces sections étalent Mau conseil, les Lombards, le Théâtre- Français et les Ouatre-NatiouS. A ce moment (une heure du matin), elles ne comptaient que très-peu de membres présents. Une délibération ultérieure de la section du Théâtre-Français reconnaît que l'assemblée ae se composait que de vingt individus lorsque fut adoptée l'Adresse présentée par Varlet. Il avait dû en être de même dans les irois autres sections-

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