‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. sixièmeChapitre 101 sur 246 · LIVR1- XXIX · texte numérisé non relu

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sections qui venaient protester de leur zèle pour le recrutement. Mais le concours de ces députations, presque toutes fort nombreuses, accumulait une multitude d'hommes armés autour de l'Assemblée. Il était dès lors fort aisé aux conjurés de profiler du désordre et delà nuit pourexécuter leurs desseins contre les membres du côté droit.

11 n'y avait, du reste, dans la salle que fort peu de députés, les convocations ayant été faites très-tard1.

Les Montagnards, qui étaient initiés aux projets des conjurés, les Girondins, qui les soupçonnaient, s'étaient, bien qu'ils ne se fussent fait aucune confidence, arrêtés au même parti : s'abstenir de paraître ce soir là à l'Assemblée.

Réunis chez Pétiou, les amis de MmB Roland sont informés d'heure en heure des violentes motions disculées aux Jacobins. Apprenant qu'une foule nombreuse assiège les portes de la Convention, ils veulent épargner un crime au peuple de Paris en ne donnant pas tête baissée dans le piège qui leur est tendu.

Quant aux Montagnards, ils accordent bien leur consentement tacite à l'expédition projetée contre leurs adversaires, mais ils ne veulent pas avoir {'air d'y participer. Ùs laissent agir les entants perdus de la démagogie, sauf à les désavouer s'ils échouent, sauf à profiler de leur audace s'ils réussissent.

À peine le président est-il monté au fauteuil qu'il

■I. D'après les mémoires inédits de Fockedey, député du Nord, i|uo nous avons eus ;i notre disposition, il n'y avait pas dans la sallo deux cents conventionnels.

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reçoit d'un des collaborateurs de Corsas la nouvelle du pillage de l'imprimerie du Courrier des Départements. Mais, à cette lecture, la gauche répond par des cris répétés : « L'ordre du jour, l'ordre du jour ! »

« Comment, s'écrie le courageux Mazuyer, l'un des rares députés de la droite présente à la séance, vous demandez l'ordre du jour, lorsque l'on vous annonce que la vie d'un de vos collègues a été menacée ! »

La protestation du courageux Girondin se perd au milieu du tumulte.

« Pourquoi, s'écrie Lacroix, Gorsas s'attache-t-il à gangrener l'esprit des départements ?

— Gorsas est d'autant plus coupable, ajoute Billaud- Varennes, que les presses dont il se sert et que le peuple vient de briser, sont celles de l'abbé Royou. On les avait données à Gorsas le 10 août, il les a prostituées comme ce royaliste.

— Dans Gorsas, reprend Lacroix, il y a deux hommes : le représentant de la nation, le peuple l'honore ; le journaliste, le peuple le méprise. Renvoyons cette lettre au maire de Paris pour vérifier les faits, car tout ceci pourrait n'être qu'un jeu. Dans la nuit du 9 août, lorsqu'on tramait le complot d'emmener la Cour et le Corps législatif à Rouen, on venait nous dire aussi que les jours des députés n'étaient pas en sûreté.

— La vérité, que vient de poser Lacroix, est Incontestable, dit Thuriot; un représentant de la nation doit tous ses "moments à la République. En faisant un journal, il vole l'indemnité qu'il reçoit de la patrie. Je

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