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PROCÈS-VERBAUX DES ASSEMBLÉES DE BRUXELLES ET D'OSTENDE

BANS LESQUELLES FUT VOTÉE LA HKUNION DB CES VILLES A LA ItÉPUBLIQOE FRANÇAISE.

(Voit page 144.)

PROCÈS- VERBAL DE l' ASSEMBLÉE DE BRUXELLES.

Liberté. — Égalité.

« L'an 2f des peuples libres et le 25 février 1793, i 10 heures du matin.

« Le peuple de la ville libre de Bruxelles et de sa banlieue, assemblé en très-grand nombre dans l'église des S. S. Michel et Gudule, conformément à la convocation qui a été faite par la proclamation du lieutenant général Moreton,. commandant en chef le Hainaut et le Brabant, laquelle a été affichée et publiée aux termes du décret de la Convention nationale du 31 janvier 1793, pour émettre librement son vœu sur la forme du gouvernement qui convient le mieux au Brabant;

« L. J. B. Lavalette, lieutenant-colonel , commandant le bataillon des Lombards, ayant été chargé par le lieutenant général Moreton de le représenter et de remplir en son nom les fonctions que le décret attribue aux commandants militaires;

« Lavalette a dit : u Citoyens, c'est en vertu de cette réqui- « sition des commissaires de la Convention nationale députés

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« dans la Belgique, et d'après les ordres dti général Moreton, « que je viens vous réunir. Par la lecture du décret et de la « proclamation, vous jugerez que l'objet qui vous assemble « est le plus important dont un peuple libre peut s'occuper. « Vous allez -prononcer entre la liberté et l'esclavage; vous « allez choisir le gouvernement qui vous convient le mieux ; ■a je vous engage à faire librement et avec courage le premier <i acte de votre souveraineté. »

« Le discours du citoyen Lavalette, applaudi, a été souvent interrompu par l'impatience que l'assemblée témoignait d'émettre son vœu.

« La parole ayant été donnée au citoyen Gonchon pour un discours patriotique, et dont le but était d'éclairer le peuple sur ses vrais intérêts, malgré les applaudissements dont les vérités, qu'annonçaient le citoyen, étaient couvertes, il a été impossible d'arrêter l'ardeur des citoyens; ils. ont ordonné l'impression du discours, et demandaient à prononcer un vceu sur lequel ils ont assuré qu'ils étaient assez instruits.

« Le citoyen Gonchon ayant applaudi à l'ordre du peuple, Lavalette a dit :

« Peuple de Bruxelles, voire impatience est bien louable ; « mais il faut, pour que les malveillants n'attaquent pas votre h suffrage, que vous remplissiez les formes qui assurent la li- « berté de vos décisions.

« Vous avez un président et des secrétaires à élire : quel mode * voulez-vous employer pour l'élection? » Le cri unanime a été : « Par acclamation et surtout la réunion, la réunion !... »

« La présidence mise aux voix, la très-grande majorité y a porté J. H. G. Verlooy, qui, ayant prêté le serment d'être fidèle à la liberté et à l'égalité, en a occupé la place. L'assemblée ayant procédé à l'élection des secrétaires, les citoyens Grégoire, Lorenzo, A. d'Aubremez, G. J. Claeysens, F. F. Baret, ont été appelés au bureau et ont prêté le serment.

« Le président a proposé à l'assemblée, avant de procéder à émettre son vœu, de prêter aussi le serment de liberté et d'égalité. Les transports les plus vifs se sont manifestés, et l'église a retenti des cris de : « Fidélité à la liberté et à l'éga- « lité! Vive la République française! Vive la réunion! »

NOTES

« Le président, ayant rappelé l'assemblée au recueillement, a répété le serment au nom du peuple de Bruxelles et de sa banlieue ; le président ayant proposé les différents modes de voter, on a demandé à l'unanimité le mode d'acclamation ; Je président ayant demandé si on connaissait bien l'objet de la délibération, tous répondent : « oui, oui! » Alors il propose que le peuple choisisse entre le gouvernement aristocratique, qui comprend les anciens États et le gouvernement autrichien, et le démocratique. Le vœu unanime, les cris d'allégresse ont annoncé que tous voulaient le gouvernement démocratique. Il a proposé ensuite de prononcer entre le gouvernement simplemcnl libre, ou la réunion dèpartementaire à la France. n Que ceux qui veulent la réunion à la France, a-t-il dit, pasa sent à gauche. » Un cri spontané et universel a déclaré vouloirla réunion ; les bras se sont élevés, toutes les voix s'écrient: « Nous sommes Français, vive .la France! nous voulons la o réunion ! »

« Le président répète le même cri et annonce le vœu unanime de l'assemblée. « Vive la République! Vive l'union] » se répètent à i'envi.

« Un citoyen fait la motion qu'il soit envoyé à la Convention nationale une dépulation qui exprime le vœu de la réunion dèpartementaire à la France, émis par la ville et. banlieue de Bruxelles.

« Cette demande arrêtée à l'unanimité, les citoyens Rosières, lieutenant général, Chapel, l'aîné; Lavalette, lieutenant-colonel, et Verlooy, ont été chargés de porter ce vœu dans le plus court délai a la Convention nationale *.

« Un citoyen a demandé :

(t 1° Que tomes les cloches de la villes sonnent depuis l'instant de l'émission du vœu du peuple jusqu'à la nuit;

1. De ces quatre délègues du peuple bruxellois, deux au moins Étaient Français : 1° le général Rosières, qui, du service de France, était passé au service belge, et sur le compte duquel Dumouriez s'exprime ainsi dans ses Hémories : « Cet ancien officier français sans mérite et sans talent gouvernait le comité de la guerre très-ignorant et très-fripon! » 2" le colonel Lavalette, qui commandait le bataillon des Lombards. Il devint plus tard un des séides de ISobespierre ci fut guillotiné avec loi le 10 thermidor.

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« 2° Que le commandant militaire fasse tirer le canon ;

« 3° Que la ville soit illuminée ce soir.

« Ces différentes motions accueillies, le présidents été chargé de surveiller l'exécution de la volonté du peuple souverain, qui désire mettre la plus grande solennité au jour précieux qui assure son bonheur.

« On a demandé une nombreuse députation aux députés de la Convention commissaires dans la Belgique; chacun avec joie a crié: «Nous irons tous! »On a proposé qu'un registre soit ouvert à la ville pour recevoir la protestation de ceux qui voudraient s'opposer à la réunion. Un mouvement d'indignation générale aurait fait repousser cette proposition, si l'on n'avait pas annoncé qu'il ne faut laisser aucune ressource aux malveillants.

« Sur la demande d'un citoyen, on a arrêté que le procèsverbal de cette séance mémorable serait imprimé, affiché, envoyé à la Convention nationale, aux quatre-vingt-cinq départements, aux commissaires de la Convention, à ceux du pouvoir exécutif, aux- généraux d'armées et commandants des places de la Belgique, aux autorités constituées et aux sociétéspatriotiques,

« Un citoyen demande que l'hymne des Marseillais termine la séance, et. que les cris de réunion, de liberté et d'égalité se fassent entendre dans toute la ville : Arrêté.

« Fait et clos les jours et an, avant dits, à midi.

« J. B. C. Veislooy, président; Lorenzo, secrétaire; G. J. Claeïseks, secrétaire; J. F. Baret, secrétaire;. Lavalette, commissaire. »

Procès-verbal (le l'Assemblée tfOslende convoquée k 28 février pour le dimanche 3 mars.

« Liberté, égalité.

« Cejourd'hui, dimanche 3 mars, l'an deuxième de la République française et le dernier du règne des tyrans, à midi précis, l'assemblée s'est ouverte après l'ordre donné à la force

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NOTES

armée de s'éloigner du lien des séances. Le citoyen Amandry, remplissant les fonctions de commissaire national du pouvoir exécutif de la République française, a fait l'ouverture de l'assemblée par un discours dans lequel il a retracé que sa nation libre et généreuse ne pouvait attendre plus longtemps à connaître le vœu des Ostendais. «Eli quoi, leur a-t-il dit, quelqu'un « d'entre vous regret te rait-i! les chaînes honteuses que le Franu çais vainqueur a brisées? — Non, non! » s'est-on écrié de toutes parts. « Je proposerai donc ces deux points importants : « l'option vous est accordée, citoyens, ou vivre sous le régime .« du prince, ou vivre sous celui de la liberté. Que chacun de « vous consulte la liste, et près de son nom qu'il émette son «. vœu. » A ces mots, on n'entendait que des cris : « La réunion n à la France! nous sommes Français! » Le commissaire poursuivit : n Quoique le vœu paraisse unanime, je n'en ouvre pas « moins un registre pour ceux qui ne voudraient pas de la « réunion. — Point de registre! s'est-on écrié, personne ne « protestera, » Le commissaire reprit : « Ostende et son arron- « dissement, convoqués bien légalement tant par le général « O'Moran que par les représentants provisoires .du peuple, sont « réellement représentés dans cette assemblée. En conséquence, « je déclare Ostende et son arrondissement comme faisant par- « lie de la République française; cette déclaration sera ratifiée « par les députés de la Convention nationale. »

« Le serment fut proposé dans cette ville, formule écrite dans les deux langues :

«" Je jure que je renonce à tons les privilèges, je jure de « maintenir la liberté et l'égalité, et de mourir à mon poste « en les défendant. Je jure aussi que je consens à la réunion « d'Ostende à la France. »

« Chaque citoyen l'a prêté individuellement et signé ; aussitôt la réunion a été proclamée dans tontes les places publiques. Le canon a été tiré, les cloches ont été sonnées, les illuminations ont été ordonnées et deux pièces de vin ont été bues à la santé de la République française.

« Le peuple a demandé les drapeaux des anciennes confréries sur lesquels étaient peintes les armoiries d'Autriche; ils n'ont pas tardé à être mis en pièces.

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« L'assemblée a nommé les citoyens Delplanque et Forcade comme porteurs du vœu des Osteiidais auprès des députés de la Convention nationale, et le citoyen Amaodry a été chargé d'exhiber leur commission. »

« Amandbv, Grycpemse, Greenwood. »

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