LIVRE XXVII
Les volontaires placés sur les transports qui avaient pu aborder à Ajaccio, y furent débarqués pour attendre que les trois bataillons de ligne et le bataillon corse fussent à leur tour prêts à partir. Mais des querelles et des rixes ne tardèrent pas à s'élever entre les Marseillais et les Corses '. Dans la crainte qu'elles ne se renouvelassent en Sardaigne, on résolut de séparer les deux, troupes de volontaires, qui ne brillaient ni l'une ni l'autre par un vif amour de l'ordre et un grand respect de la discipline. Ceux qui venaient des côtes de Provence [urent destinés, avec la majeure partie des troupes de ligne, à former l'attaque principale sur Cagliari. Les Corses furent désignés pour opérer une contre-attaque sur les îles de la Magdelaïne, qui sont situées presque vis-à-vis de Bonifacio, et dont la conquête devait flatter tout particulièrement les compatriotes de Paoli3.
1. On lit ce qui suit dans !a biographie des premières années de Napoléon Bonaparte, par le colonel de Coston, ouvrage qui a paru en 4840 et qui est fait avec la plus scrupuleuse conscience :
« La phalange marseillaise fit son entrée à Ajaccio aux cris de Ça ira, à bas tes aristocrates ! Ces soldais tâches et cruels pendirent ou lanlemèrentj suivant l'expression du temps, un artisan d'Olmetto, habitant à Ajaccio, et un propriétaire de Sarlène. Ils préparaient le même sort au chanoine Antoine Peraldi, procureur de la commune, qui voulait sauver ces victimes, et ils l'auraient immolé sans l'assistance de soldats d'un détachement du régiment d'infanterie de Vermandois (61e), qui, armés de leurs sabres, accoururent et arrachèrent à cette horde effrénée l'intrépide îicclésiu&l.ïijue. »
2. Sur ces deux expéditions, on peut consulter le livre publié en 4842, à Turin, par le baron Manno, actuellement premier président de la cour de cassation' d'Italie : Storia moderna delta Sardegna.
100 HISTOIRE DE LA TERItEUR.