HISTOIRE HE LA TBHHBL*R
Mais, depuis l'expédition de la Magdelaine, une transformation s'opérait lentement en lui ; i» ses ambitions premières succédaient des ambitions nouvelles. Il semblait qu'à travers cette pluie de feu que, pendant deux jours et deux nuits, il avait lancée et reçue, se
gcs de chaînes, embrassent en tremblant la main qui les opprime... français, non contents (le nous avoir ravi tout ce que nous chérissions, vous avez encore corrompu nos mœurs. Le tableau actuel de ma patrie et l'impuissance de le changer spiit une nouvelle raison de fuir une terre où je suis obligé, par devoir, de louer des hommes que je dois haïr par venu. » (Note autographe sur le suicide, trouvée par AL Libri dans les papiersconGés au cardinal Kesch.j
« l'aoli vous fit nommer pour traiter à Versailles de l'accommodement qui s'entamait sous la médiation de ce cabinet. M. de Clioiseiil vous vit et vous connut. Les unies d'une certaine trempe sont d'abord appréciées. Bientôt au lieu du représentant d'un peuple libre, vous vous transformâtes en commis d'un satrape... Une partie des patriotes étaient morts en défendant leur indépendance, l'autre avait fui une terre proscrite, désormais hideux nid des tyrans; mais un grand nombre n'avaient pu ni mourir, ni fuir; ils furenll'objet des persécutions: on ne pouvait asseoir l'empire français que sur leur anéantissement absolu...
« 0 Lamethl ô Robespierre! ô Pction! ô Volney! ô Mirabeau! ô Barnavel ô Bailly! ô Lafayettel Voilà l'homme qui ose s'asseoir à coté devons! Tout dégouttant du sang de ses frères, souillé par des crimes de toutes espèces, il se présente avec confiance sous une veste de général, unique récompense de ses forfaits! Il ose se dire le représentant de la nation, lui qui la vendit! » (Lettre de Bonaparte à H. Matteo di Butta-Fuoco, maréchal des camps et armées du roi, député de la noblesse corse à l'Assemblée nationale constitua nie, 23 janvier 1794.)
Rnlîn re portons-nous à la lettre, en date du 26 février 4792, que nous avons citée plus haut; à elle seule, elle prouverait que jusqu'il l'expédition de la Magdelaïne Bonaparte conserva tous les sentiments d'un bon Corse.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
fussent ouverts devant lui de nouveaux horizons. Il commençait à dédaigner de se faire l'arbitre des destinées d'une petite île de la Méditerranée; son imagination s'élançait déjà dans les champs incommensurables de l'avenir. 1
Un dernier incident vient mettre un terme à ses hésitations. Dans les. derniers jours d'avril, on reçoit à Corte la ni pliât ion du décret en date du 2 du même mois, par lequel la Convention nationale mande à sa barre Paoli. Cet ordre tombe comme un coup de foudre au milieu de la petite cour dont le général est entouré. Bonaparte, fidèle encore aux amitiés de sa jeunesse, prend la plume pour défendre le héros corse contre les attaques de ses ennemis et pour inviter la Convention à revenir sur une mesure qui tend à « confondre, avec le scélérat corrupteur ou un vil ambitieux, un vieillard septuagénaire accablé d'infirmités. »
Son plaidoyer achevé, il le communique à son illustre client. Mais celui-ci, voyant qu'il est temps de prendre un parti et croyant pouvoir compter sur son jeune et enthousiaste interlocuteur, lui déroule ses desseins et lui déclare qu'il est 'résolu à braver les ordres de la Convention, dût-il se jeter entre les bras île l'Angleterre. A celte confidence, Bonaparte éclate en reproches, en imprécations. Les deux anciens amis se séparent mortellement brouillés. Bonaparte, qui sait ce que c'est qu'une haine corse et qu'une vengeance de conspirateur qui s'est laissé surprendre son secret, sort du palais du généralissime, s'élance à cheval et, à travers les montagnes, gagne par des sentiers détournés les