‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 101 sur 262 · Nous l'avons raconté dans le livre précédent, p · texte numérisé non relu

Nous l'avons raconté dans le livre précédent, p

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

m HISTOIRE DE LA TERREUR.

leur annonçant qu'elle va subir une dépréciation énorme par suite des contrefaçons. Ils lisent, font lire et commentent une lettre que quelque espion subalterne avait écrite d'Allemagne1, et qu'on avait trouvée éminemment propre à enfiévrer la population parisienne. Par une coïncidence remarquable, les journaux de toute nuance la reproduisirent les uns après les autres , comme si l'insertion en eût été sollicitée, sinon commandée, par des gens ayant pouvoir de l'exiger.

Cette lettre .contenait tous les détails d'un plan « adopté pour la direction des forces coalisées contre la France ; elle avait été, disait-on, « reçue d'Allemagne » et « provenait d'une main sûre. » Ce n'était qu'un véritable tissu d'absurdités.

On y lisait notamment les phrases suivantes : « Le roi de Prusse marchera sur Paris qu'on réduira d'abord par la famine; alors aucune considération, pas même celle du danger de la famille royale, ne pourra rien changera ces dispositions. Arrivés dans Paris, les habitants seront conduits en rase campagne où on en fera le triage, les révolutionnaires seront suppliciés, les autres (voile jeté sur leur sort). Peut-être suivra-t-on le système de l'empereur de n'épargner que les femmes et les enfants. En cas d'inégalité de forces, brûler les magasins, faire sauter les poudres, mettre le feu aux villes, car les déserts sont préférables à des peuples révoltés (expression des rois ligués). Dans tous les cas,

1. Nous avons retrouvé aux archives du ministère de la guerre l'original de celte lettre anonyme; elle ne porte aucune signature et n'a aucun caractère officiel.

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