‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 145 sur 262 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

composée des noms les plus populaires; les Girondins et les Montagnards y sont en grande majorité; à peine y a-t-on admis quelques députés de la droite. Il était alors dix heures du soir; un des commissaires désignés, Larivière, demande que l'on parte sur-lechamp ; mais on fait observer qu'il est bien tard, que Ton ne trouvera plus les sections réunies, que la démarche perdra ainsi presque toute sa solennité, et risquera de devenir inefficace1. Dans un moment où les minutes étaient si précieuses, où, dans cinq prisons, on égorgeait encore , l'Assemblée est arrêtée par cette misérable objection. Quelques instants après, le président reçoit une lettre de Roland, ou en applaudit avec enthousiasme l'emphatique phraséologie, puis on lève la séance, et on laisse aux commissaires précédemment nommés le soin d'aller le lendemain, à leur loisir, arrêter les massacres, si, par hasard, ils ne sont pas encore entièrement achevés.

La lettre de Roland débutait ainsi :

« M. le président, je viens remplir un devoir sacré dont l'accomplissement peut me coûter cher, mais je n'ai jamais capitulé avec ma conscience et je serai docile à sa voix, quoiqu'il puisse arriver2. »

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