‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 161 sur 262 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

Parmi les officiers emprisonnés se trouvaient le colonel, Ielieutenant-coionel, plusieurs capitaines (lu 5e régiment de cavalerie (ci-devant Royal-Pologne), le colonel et onze officiers du 15e régiment de dragons (ci-devant Noailles). Les démagogues et les journaux à leur solde prétendaient que les officiers de Royal- Pologne n'avaient conduit leur régiment à Lyon que pour être mieux à même de le faire passer tout entier à l'ennemi. On avait trouvé sur eux, au moment de leur arrestation, la copie des démissions qu'ils avaient envoyées depuis plus de six semaines au ministre de la guerre, et naturellement ces pièces étaient devenues les éléments principaux de l'ac-

sion de seize mille livres ; il était fait maréchal de camp en 1788, et lieutenant général le 22 mai 1792. Il était doué du géniespécial de la dénonciation. Il sollicitait un emploi au nom de ses principes philosophique?, et aussitôt qu'il l'avait obtenu, il accusait de trahison celui qui le lui avait fait obtenir; c'e.-t ainsi qu'il dénonça successivement le ministre de la guerre Narhonne, le commandant de l'armée du midi Monlesquiou , et tous les généraux qui ?e succédèrent à l'armée du Rhin dans les derniers mois de 1792. Sou^ le régime constitutionnel, il se faisait appeler le citoyen-gënêral-philosophe. Après le -10 août, il signait ses lettres Charles liesse, jacobin. Suspendu en 1793, pui* réiniégré un instant en l'an m, il fui admis à un misérable traitement de réforme de dix-huit cents livres. Il végéta six année.-, sollicitant les secours de tous les gouvernement qui se succédaient à la léto de la république; dans ses lettres, il je représenlait comme o mourant de faim et de soif. » Il se mit à rédiger avec Antonelle, le fameux juré du tribunal révolutionnaire, le Journal des Hommes libres; futmèlé à toutes les intrigues du temps, aux conspirations do Babeuf et autres. Le gouvernement consulaire l'interna à l'Ile de Rhé pendant plusieurs années, puis lui permit de se relircr en Suisse. Il mou ru I en i$îi, méprisé ou plutôt oublié de tous. Digne fin de ce prince qui, après avoir flatté successivement toutes les puissances du jour, était tombé, de chute en chute, dans la dernière dégradation.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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cusation dirigée contre eux. Oi', c'était le minslre de la guerre lui-même, qui avait engagé les démissionnaires à ne pas quitter leur poste avant qu'ils ne fussent remplacés, et à amener d'Àuch à Lyon hs deux escadrons de campagne destinés à renforcer l'armée du Midi. ïïn récompense de celle preuve de bonne volonté, ces officiers, au moment où ils allaient quitter une carrière dans laquelle plusieurs d'entre eux comptaient vingt et même trente ans de service, s'étaient vus, le lendemain de leur arrivée à Lyon, conduils à Pierre-Encise et mis au secret1.

Les griefs que l'on avait contre les officiers du 15* dragons étaient encore moins considérables; aussi ne

4. Nous avons retrouvé ■ l°!a l.'ttre du général Montesquiou, en claie du ^r septembre, qui prouve l'inanité des accusations portées contre les officiers de Royal-Pologne ; 2° le duplicata des démissions par eux données dès juillet \19ï. Nous mettons sous les yeux de nos lecteurs el lu lettre du général Montesquiou et la démission du lieutenant-colonel, qui fut l'une des victimes de la journée du 9 septembre 1792. Toutes les autres démissions que nous avons eues également entre les mains sont conçues en des termes presque identiques.

« A M. Servan, ministre de la guerre.

• .\.u camp Je Cessieux, le I" septembre 119*, Tan iv do la Liberté.

« J'ai l'honneur de vous envoyer, monsieur, les démissions de treize officiers du 5P régiment de cavalerie, ci-devant Royal-Pologne. Elles sont' datées des mois de juin el juillet et je lésai , en effet , depuis cette époque. Le ministre d'alors engagea ces officiers à conduire le régiment jusqu'à Lyon. A leur arrivée dans cette ville, ayant persisté dans leur résolution, e leur ai donné le congé que la loi prescrit. Cil conséquence je vous renvoie l'original de leurs démissions, dont le double doit se trou' er dans vos bureaux. Ces officiers sont arrêtés à

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