‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 166 sur 262 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

Les émissaires du para démagogique trouvent le duc au milieu de sa famille. Aucune résistance ne leur est opposée. Bouflart se charge d'emmener sous bonne escorte le prisonnier à Paris. Parain et Corchand vont

Bouflart, l'homme de la commune insurrectionnelle. Voici le texte de ces deux pièces :

« Au nom de la nation, le conseil exécutif provisoire, en vertu de la loi du 28 août, a commis et commet les citoyens Pierre-Matthieu Parain et André Corchand, à l'effet de faire auprès de3 municipalités, districts et départements, telle réquisition qu'ils jugeront nécessaire pour le salut de la patrie et l'exécution dudit décret.

a En foi de quoi nous avons signé les présentes, auxquelles nous avons Tait apposer le sceau de l'État.

« Par le conseil, «Servait, Roland, Danton, Lebrun, Claviers, JIonce, Groiivelle, secrétaire. »

i A Paris, le 29e jour <3u mois d'août 1793, l'an iv de la Liberté.

« Nous autorisons M. Jean-B;iplisie Bouflart, citoyen, à arrêter, partout où il sera trouvé, M. lu Rochefoucauld, ci-devant président du département de Paris; nous prions les commandants du peuple armé et le peuple armé de prêter main-forte pour l'exécution de cet ordre.

« Fait à la mairie, le 1(i août 1792, l'an iv de la Liberté et le 1"' de l'Égalité.

« Les administrateurs au département de police et de surveillance municipale,

« Paris, Dlchesne.

« Vu par nous, au comité de surveillance de l'Assemblée nationale, pour être exécuté partout où se trouvera M. la Rochefoucauld.

« Fait au comité de surveillance, à l'Assemblée nationale, à Paris, Je H août 1792, l'an îv de la Liberté.

«Merlin, Lecoixtre, G- Bazire, secrétaire du comité de surveillance. »

Nous avons enGn retrouvé à la Cour des comptes la preuve que les

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HISTOIRE Dis LA TERRKUR.

ailleurs sauver ta patrie. Le commissaire de la commune déclare qu'il a ordre de ne pas suivre la roule directe, mais d'aller apposer les scellés au château de La Roche- Guy on, résidence habituelle du duc de La Rochefoucauld. Le voyage s'effectue à petites journées, il faut bien donner aux agents maralistes le temps d'exciter les esprits et de préparer les embuscades. On éfait parti de Forges le 2 septembre; on arrive le 3 à Gournay, et le f\, dans l'aprèsmidi, à Gisors. La ville est pleine de fédérés ; la municipalité, craignant pour la sûreté du prisonnier, ordonne que la voilure qui l'a amené avec sa mère, la duchesse d'Anville, âgée de quatre-vingts ans, sa femme et M'"' d'Astorg , sera escortée par douze gendarmes, tant de Gournay que de Paris, par un détachement de gardes nationaux, et par elle-même, en corps, jusqu'aux dernières maisons de la ville.

H,nes de La Rochefoucauld et d'Astorg étaient dans la voilure, le duc était à pied ; Bouffart lui donnait le bras, les officiers municipaux l'entouraient. Tout à coup, une troupe armée de sabres et de bâtons se précipite' sur le malheureux prisonnier; il est renversé d'un coup de

dictateurs de l'Hôtel de Ville avaient fait accompagner Bouda rt d'agents subalternes pour lui prêter main-forte, et ne s'étaient pas reposés sur les autorités locales du soin d'arrêter le vénérable président du département de Paris. Les comptes de M. de Villeneuve, trésorier de la ville de Paris, comprennent pour l'année 1792 l'article suivant : « Audit de Villeneuve, pour remboursement de 45 livres payées auxdils sburs Benoisl, Pclser, Lccureuil, Cornet, Lau'.orjeaL et Legrand, pour frais de voyage aux eaux de Forges, où ils ont arrêté M. de la lïocliofuucauîd. Mandement du domaine, i i septembre ; visé du maire, 15 dudit 45 liv. »

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