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de MeluD de prononcer le plus tôt possible sur le sort d'Adrien Duport.
Le tribunal n'attendait que celte communication officielle, et quelques heures après la récepliondela lettre du ministre de la justice» il déclare par un jugement solennel que l'arrestation de Duport est illégale, et prononce définitivement la mise en liberté de l'illustre prisonnier1.
Certes , les dictateurs parisiens ne furent pas étrangers à la plupart des meurtres que nous venons de raconter, maïs ils restèrentdans l'ombre; leur connivence peut donc être contestée. Il n'en saurait être de même
4. La lettre de Danton laissait percer l'opinion intime du ministre de la justice; mais la publication de Marat du 13 septembre subsistait toujours et était évidemment sous les yeux des magistrats de Melun lorsqu'ils prononcèrent le jugement du 11, qui déclare illégal l'ordre donné par le comité de surveillance et tous les actes de procédure qui en avaient éié la conséquence. Un pareil jugement fait trop d'honneur à ceux qui le rendirent pour que nous ne conservions pas à l'histoire un document qui montre, une fois de plus, qu'en ces temps malheureux la magistrature, lorsqu'elle put intervenir régulièrement, sut se montrer à la hauteur de sa mission.
On tronvcraà la fin de ce volume la lettre de Danton et le jugement du tribunal de Melun.
Duport, mis en liberté, se réfugia en Suisse, où il mourut sans avoir revu sa patrie. Son père périt sur l'échafaud avec les autres membres du Parlement de Paris. Nous avons raconté cette catastrophe dans la note I de noire premier volume.
Nous nous sommes servi, pour le récit des faits relatifs à l'arrestation de Duport : \° des procès-vorbaux dressés par le sieur Milet,
HISTOIRE DE LA TEKU ECU
pour le dernier épisode des massacres de septembre. Ici la complicité de Danton et de ses amis est manifeste, éclatante. H est vrai qu'il s'agit d'une catégorie de prisonniers qui, plus que toute autre, était depuis longtemps l'objet de leur haine, le point de mire de leurs invectives. Nous voulons parler des prévenus que les ennemis de la royauté avaient entassés successivement, depuis une année, dans les prisons de la haute cou? d'Orléans1.
Ces prisons renfermaient, à la fin d'août 1792, cinquante-trois accusés. Les principaux d'entre eux étaient :
Le due de Cossé-Brissac, ci-devant gouverneur de Paris, colonel des Cent-Suisses, et en dernier lieu commandant général de la garde constitutionnelle de Louis XVI, poursuivi pour avoir, disait-on, fomenté parmi ses soldats un esprit incivique et contre-révolutionnaire2;
M. Delessart, ancien ministre de l'intérieur, puis des affaires étrangères, queBrissot, en mars 1792, avait fait renvoyer devant la haute cour, quelques jours avant l'avènement du premier ministère girondin ;
maire de B;izoclies, le 4 septembre, et par la municipnlilé (le Melun, les 7 et 8 septembre; 2° du jugement préparatoire prononcé par le tribunal de Melun, le 8, et de la requête présentée par Duportau tribunal, le 17 du môme mois.
1 , Le principe d'une haute cour nationale, destinée à juger les crime» de haute trahison avait été inscrit dans la constitution do 1791, article i" du chapitre m. Des décrets spéciaux de t' Assemblée législative étaient nécessaires pour renvoyer devant cette juridiction les prévenus d'attentatet de complot contre la sûreté de l'État.
2. Vi>îr le vol. 1er, p. M3 de la première édition, et p. 115 de la seconde.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale