LIVRE XIII
et on leur ordonnait de rétrograder non-seulement jusqu'à Orléans, mais encore jusqu'à Saumur.
Ces mesures, cependant bien peu sévères, inquiétèrent les meneurs de l'Hôtel de Ville; ils firent nommer par la commune d'au très commissaires qui, euxaussi, devaient aller au-devant de l'armée de Fournier, sous prétexte que celle armée, composée d'enfants de Paris, ne pourrait qu'écouter avec 'déférence des magistrats de la cilé venant joindre leurs exhortations à celles des délégués du pouvoir executif. Roland, tombant encore une fois dans les chausse-trapes que son collègue Danlon ne cessait de placer sous ses pas, accepta les envoyés de la commune comme des auxiliaires utiles et leur donna des pouvoirs identiques à ceux dont il avait revêtu son propre représentant i.
■I. Les quatre commissaires désignés par la commune furent pris dans le sein même du conseil général ; ils se nommaient Moulin, Bnrey, Joberlct Roussel. Le seul commissaire désigné -par Roland fut un sieur tieauvillers. Ils adressèrent, lous les cinq, d'Étampes et d'Arpiijon, des lettres colleclives au ministre de l'intérieur et au directoire du déparlement de Seine-et-Oise. Leur action fut toujours commune, preuve évidente que leurs pouvoirs étaient communs.
A peine les cinq commissaires élaient-ils partis que Roland écrit de nouveau à Fournier une lettre dont le désordre et l'incohérence dénotent bien le trouble qui agitait le malheureux ministre dans ces jours d'angoisse.
a A M. Fournier, commandant la force armée sur la route de Paris à Orléans.
« J'apprends, par un courrier qui vient de passer à Élampes, que les prisonniers y sont rentrés. Failes tous vos efforts pour les y retenir, pour les loger dans les environs , conformément à la mission des commissaires que j'ai envoyés au-devant d'eux et de votre force ar-
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382 HISTOIRE VU t. A TERREC II.
Les commissaires arrivèrent à Étampes quelques heures avant les bandes que l'on avait décorées du nom d'armée parisienne.
Celte armée, qui méritait si peu ce nom, marchait dans un affreux désordre, maraudant tout le long du chemin, et, à chaque halle, se livrant à toute sorte d'excès4.
Aussitôt que les commissaires furent avertis de son approche, ils allèrent la recevoir à l'entrée d'Élampes et, après un roulement de tambours, l'un d'eux: lut a haute voit, devant le front des bataillons, le décret du 5 et la proclamaiion rédigée par Vergniaud. Celte pièce d'éloquence fit naturellement très-peu d'effet sur les officiers et encore moins sur les soldats. Aussitôt après cette lecture, les agents de la commune, se répandant dans les rangs, prêchèrent tout haut la soumission et tout bas la désobéissance.
Fournier et sa troupe séjournèrent deux jours à Étampes. Ce retard dans une marche d'abord précipitée serait difficile à comprendre, si les rapports des commis-
mée. S'il n'était pas possible d'agir ainsi que le portail le décret, et que les commissaires en étaient chargés, je m'en référerais a ma lettre de ce malin, laquelle vous a été remise par un courrier c;uo je vous ai envoyé. Vous voyez bien que l'honneur, la loyauté, celle de Paris, la vôtre, tiennent à des mesures dignes et humaines. »
4. Nous n'en voulons pour preuves que les explications donnée? plus lard par Fournier ù l'appui de ses comptes. Il parle sans cosse des dépenses considérables occasionnées par la mauvaise organisation des hommes qui s'étaient glissés dans les rangs de son armée pour y meftre le désordre, des vols qui se commettaient sous prétexte de réquisitions, de fusils cassés et de tambours brisés au milieu des rixes de chaque jour.
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