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main le 11 août 1793; il y est mort le 2 septembre suivant. Chargé de la procuration de sa veuve, muni dos pièces qui constatent et établissent ses droits , je réclame de la justice de la commune les objets suivants :
« Suit 1'énuméralion de quatorze objets, dont une lettre.
n J'obseroe , citoyen président, que cette lettre, écrite à l'instant de la mort deWitligenstein, a été par lui remise au citoyen Maillard, ainsi que le petit nécessaire en or; celui-ci m'a personnellement attesté le Tait et m'a assuré avoir remis ces objets au citoyen Lenfant, alors membre du comité desurveillance.
« Quant aux autres effets, le citoyen La Vacquerie m'a assuré qu'ils avaient clé religieusement mis sous les scellés dans la chambre qu'occupait Withgenstein, à l'Abbaye, avant sa mort; il a ajouté que lors de la levée des scellés sur cette cliainbre, ils avaient été transportés à la mairie et de là à la maison commune.
« Je vous prie, citoyen président, de vouloir bien fixer l'attention de la commune sur celte réclamation, elle m'a paru légitime, et c'est ce qui m'a déterminé à vous la présenter.
« M. A. Bourdon.
« Paris, rtte de ia VilIe-I'Évâque, n° 3ti, section de ta République, le 11 mars 1703, 11e année de la République française. «
Maillard et ses acolytes avaient d'excellentes raisons pour que l'on ne fît pas rendre compte des déprédations qui avaient eu lieu au moment de la prise des Tuileries et des massacres de septembre, et dont les auteurs principaux se rejetaient la responsabilité1. Lorsqu'au mois de mai 1793 les Girondins et leurs amis, usant de représailles contre la commune de Paris, qui demandait leur proscription, parlèrent de poursuivre à outrance les auteurs et complices de ces déprédations, Maillard et ses séides coururent les premiers sonner le tocsin à l'Hôtel-de-Ville et faire tirer le canon d'alarme sur le Pont-Neuf. C'est Maillard
1. Voir la lettre en dalc du 13 mars 1793, reproduite par H. Alexandre Sorel, p. 30 de sa notice sur SJaillard, et par M. Granier de Cassagoac, qui en donne te fats simile à la fin du deuxième volume de son Histoire des Massacres de septembre.
NOTES
lui-même qui le déclare dans une pièce donnée in extenso par M. Alexandre Sorel , page /j7.
De tels services ne pouvaient être méconnus par le comité de sùreié générale. Aussi, le/i août 1793, cbargea-t-il l'homme du 5 octobre, du 2 septembre et du 31 mai, « de se transporter dans toutes les sections de Paris et lieux environnants, d'y placer des observateurs pour découvrir les démarches de toutes les personnes suspectes ou étrangères qui travaillaient à troubler l'ordre public et a rendre illusoires les décrets de la Convention 1. »
Maillard se mit tout de suite à la besogne avec sa bande et commit, dans les départemenis de Seine-et-Marne et de Seineet-Oise, les actes les plus odieux de vol, de pillage et de brutalité.
]1 en fil tant que le comité de sûreté générale, qui n'était pas cependant scrupuleux en pareille matière, rendit, le 11 octobre 1793 (20 vendémiaire an n), un arrêté qui ordonnait que Maillard fût arrêté et les scellés mis sur ses papiers. « Si le citoyen Maillard ne voulait pas remettre ses clefs, on devait requérir les autorités civiles à toute heure , même de nuit, et faire ouvrir, avec leur assistance, toutes les portes et armoires du logement dudit Maillard. »
On voit que le comité tenait fort à mettre la main sur les papiers de l 'ex-juge de l'Abbaye; le considérant de l'arrêté est important à noter : « Considérant, y est-il dit, que les pouvoirs illimités donnés au citoyen Maillard sont dangereux et effrayants pour la liberté, que d'après ses aoeux, il a saisi des effets en or et en argent et une multitude d'effets précieux, dont il n'a point rendu compte depuis sa mission,.,, »
Armé de cet arrêté, l'agent du comité fit une perquisition exacte chez Maillard. Il ne trouva pas l'individu qu'il cherchait, mais il mil la main sur le registre, qui servait à ce chef de la police secrète pour inscrire les espions qu'il employait et les dénonciations qui lui étaient faites. L'agent ne manqua pas d'empor-
1. Déjà antérieurement à cette nomination officielle, Maillard avait été employé comme espion par le conseil exécutif provisoire. Nous en avons trouvé la preuve dans les registres de ce conseil et notamment dans les procès- ve. -baux des séances des 17 mar$ et 10 mai 1193.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
HISTOIR'Î Dlî L:V TERltEl'R.
ter ce précieux registre et «Je le remettre à ses patrons du comité de sûreté générale1.
Milliard fut lui-mime emprisonné quelque temps après, mats l'influence de ses amis et de se.î protx'eurs le fit relâcher le ili brumaire [h novembre 1793). Cependant, Ions les jours, le comité de sûreté générale et les députés des départements où il avait été porter le trouble et le pillage recevaient sur ses méfaits des plaintes aussi vives que nombreuses. Lecointre (de Versailles) crut devoir, le 26 frimaire (U décembre 1793), en entretenir la Convention. Parmi les faits cités par ce député, celui-ci est caractéristique :
Le 9 brumaire, vingt-cinq hommes du la bande de Maillard* avaient pénétré chez un cultivateur de Ttgrry, près de Corbeil, nommé Grbon et âgé de 71 ans, et, après avoir pillé son argenterie, arraché du cou de sa femme une croix d'argfnt, devançant les pratiques des fameux chauffeurs, ils avaient approché le malheureux fermier d'un brasier ardent, lui avaient brûlé la planie des pieds pour lui faire dire où il avait caché son argent.
Trois jours après, le 27 frimaire, Fabre d'Églantine, ayant renouvelécette accusation', elle fut renvoyée au comité de sûreté générale qui ordonna pour la deuxième fois l'arrestation immédiate de Maillard*. Mais les affidésdu chef de bande se rassem-