‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 217 sur 262 · SECTION DES QUINZE-VINGTS. — COMITÉ CIVIL ET DE POLICE · texte numérisé non relu

SECTION DES QUINZE-VINGTS. — COMITÉ CIVIL ET DE POLICE

(f Procès-verbal d'inventaire fait au comité de la section des Quinze- Vingts, Faubourg- Antoine, du 3 septembre 1792, an iv de la liberté et le i" de l'égalité, des effets trouvés dans un portefeuille saisi sur la ci-devant princesse de Lamballe, ledit inventaire fait à la réquisition des citoyens ci- a prés nommes, savoir:

« Sieur Jacques-Charles Hervelin, tambour des canonnière de la section des Halles, ci-devant bataillon Saint-Jacques-la-Boucherie, demeurant rue de la Savonnerie, 3, au Cadran bleu ;

« Sieur Jean-Gabriel Tirveux, ébéniste, rue du Faubourg- Antoine, au coin de celle Saint-Nicolas ;

« Sieur Antoine Pouget, canonnier de la section de Montreuil, rue de Charonne, 25 ;

« Sieur Pierre Fere, tabletier, rue Popincourt, 39;

« Sieur Jean-Baptiste Roussel, gagne-denier, demeurant rue d'Aval, 9 ;

« Avoir été trouvés les objets suivants :

« Dans la première case, 8 assignats de 5 livres chaque, 40 liv. « Dans la seconde case, 10 assignats de 5 livres chaque, 50

Suit la nomenclature de divers objets de peu d'importance, une bague d'or, un porte-crayon, une image et un médaillon. Le procès-verbal se termine ainsi :

« Les quelques effets ont été remis aux citoyens sus-nommés pour être déposés à l'Assemblée nationale, ainsi qu'il appert par la minute dudit procès- verbal, restée aux archives dudit comité. « Pour extrait,

« Renet, secrétaire-greffier.

« Les citoyens dénommés au procès-verbal reconnaissent m 32

avoir retenu par devers eux les assignats énoncés de l'autre part.

a Hervelin, Tërveux, Roussel.

a Ce jour 3 septembre 1792, »

Les individus dénommés dans cette pièce et qui savaient si bien s'approprier les assignats, trouvés par eux dans les portefeuilles qu'ils rapportaient, étaient-ils les assassins de la princesse de Lamballe? Nul ne peut le dire. Ceux que la notoriété publique a toujours désignés comme tels se nommaient Charlat, Grison et Petit-Mamin. Les deux officiers municipaux qui siégeaient au prétendu tribunal, devant lequel elle comparut, étaient Hébert et Rossignol. Charlat était un tambour de la garde nationale, qui partit bientôt après pour la Vendée avec un bataillon de volontaires parisiens, et qui fut massacré par ses camarades eux-mêmes lorsqu'ils apprirent qu'ils avaient dans leurs rangs un abominable assassin. Grison fut condamné à mort quelques années après par le tribunal criminel de l'Aube comme affilié à une bande de brigands et de chauffeurs, (Voir le Moniteur de l'an v, n° 125.)

Hébert périt sur l'échafaud le U germinal an u.

Petit-Mamin et Rossignol furent déportés en l'an ix aux îles Séchelles, de là à l'île d'Anjouan, où ils moururent de faim et de misère. (Voir la note sur la punition des septembriseurs.)

Page 1