ET PUNITION DES ASSASSINS DE SEPTEMBHE
(Voir les livres XI, xn et xm,]
Comme nous le verrons dans le quatrième volume, la voix éloquente de Vergniaud se lit entendre avant la clôture des séances de l'Assemblée législative, pour réclamer la punition des assassins de septembre et pour faire décréter « que les membres de la commune répondaient sur leur tête de la sûreté des prisonniers l. »
Dès les premières séances de la Convention nationale, la lutte entre la Gironde et la Montagne s'engagea de nouveau à l'occasion des crimes de septembre. Guadet, Barbaroux et Kersaint réussirent à faire décréter, le 19 octobre, que le ministre de l'intérieur serait tenu de rendre compte dans trois jours des poursuites dirigées contre les auteurs de l'insurrection de Charleviile. La Gironde s'attaquait aux septembriseurs de province, n'osant pas encore se heurter contre ceux de Paris, trop bien représentés dans le sein del'Assemblée et trop vivement soutenus par la Montagne, les Jacobins et la populace à leur solde.
L'instruction judiciaire fut sans résultat à Charleville, parce que ceux qui avaient pris part au meurtre de Juchereau étaient tous des individus complètement inconnus dans cette ville et qui avaient disparu aussitôt le meurtre commis3.
t. Moniteur du Î9 septembre 1792, p. U16. 2, Voir ci-dessus page 332.
Les assassins de Couches et de Meaux avaient été poursuivis pins vigoureusement, dès le lendemain des scènes lamentables que nous avons racontées (pages 322 et 338). Les autorités de Saône-et-Loire et de Seine-et-Marne avaient commencé des poursuites contre les individus que la clameur publique accusait d'être les auteurs principaux de ces meurtres.
L'instruction commencée dès ie 9 septembre contre les prévenus de l'assassinat de Couches aboutit, dès le 17 janvier, à neuf condamnations à mort par contumace.
Celle commencée à la même époque par les autorités judiciaires du district de Meaux amena une déclaration du jury d'accusation, qui déféra au tribunal criminel de Seine-et-Marne cinq individus1 compromis dans cette affaire.
Le 20 janvier, le jour même où la Convention venait de prononcer sur le sort du malheureux Louis XVI, des voix girondines demandent « que le décret qui condamne ,1e tyran soit immédiatement suivi d'un autre qui ordonne des poursuites contre les provocateurs, auteurs, complices et adhérents des assassinats et des brigandages commis dans les premiers jours de septembre 1792. » Barrère lui-même appuie la motion: en vain Chasles et Marat hurlent-ils pour demander la question préalable; la proposition de Gensonné, faiblement amendée par Tallien , est adoptée à une immense majorité et au milieu des acclamations les plus vives a.
Le club des Jacobins s'émeut très-vivement de cette levée de bouclïerset vient, le 8 février, parl'organedu citoyen Roussillon, électeur de la section de Marseille, lire une pétition 1 qui était censée présentée au nom des défenseurs de la patrie des quatrevingt-quatre départements. Nous sommes obligé d'en citer quelques passages pour donner une idée des mensonges audacieux que le rédacteur y avait entassés.
« ... Les tyrans se liguent contre nous, et c'est dans le moment que nous allons les combattre que vous avez rendu un décret
1. ht Moniteur du 4 février 1703, page ICI, annonce que hait prévenus ont été arrêtés par suite de cette instruction dans la nuit du 27 au 28 janvier.