LIVRE IX
donc à la commune et au maire pour cette rédaction difficile1.
Un récit tout fait leur ayant été envoyé de l'hôtel de ville et leurs instructions étant complétées , les douze commissaires partirent dans la nuit du 11 au 12 août dans quatre directions différentes (Nord, Nord-Est, Rhin et Midi) . Ils étaient autorisés à suspendre provisoirement et à faire arrêter tous les fonctionnaires civils et militaires., même les généraux d'armée si les circonstances l'exigeaient.
De tous ces généraux, le plus suspect au parti vain-
4. Nous donnons ce récit à la lin du volume, il servit de thème a celui beaucoup plus développé qui fut lu à l'Assemblée par Condorcet le '12 août et qui se trouve au Moniteur, p. 960. Voici le texte même de la lettre que les commissaires écrivirent à Pélion dans celte circonstance :
« L'Assemblée nationale, monsieur le maire, vient de nommer douze commissaires chargés de se rendre dans les différentes armées, afin de détruire les projets des malveillants, et pour que les armées, lorsqu'elles apprendront les événements de ce jour et les mesures que le Corps' législatif vient de prendre, restent fidèles au poste où la patrie les a placées pour la sûreté générale de l'empire.
k Les commissaires nommés pensent que rien ne serait si dangpreux que de rendre compte de cette journée d'une manière contradictoire; en conséquence, vous êtes prié de faire rédiger demain, matin do bonne heure une relation succincte de ce qui s'est passé dans la capitale aujourd'hui. Quant à ce qui regarde lo Corps législatif, il suffira rie prendre un extrait de son procès- verbal.
« Nous sommes bien fraternellement, monsieur le maire, etc.
« Les commissaires: Dubois-Dubay, Carnot, Delma=, Coustard, Pebellegarde, Peraldi, Antonelle.
a Paris, le 10 août ]7S2, an IV, A dis heures et demie du soir. »
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Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
queur était, à bon droit, La Fayette1, dont le quartiergénéral se trouvait dans ce moment établi sons les murs de Sedan. Les trois commissaires qui avaient dans leurs circonscriptions son corps d'armée étaient Kersaiot, An-
La Fayette était tellement suspect aux yeux du parti victorieux, que celui-ci n'attendit pas pour faire éclater ses soupçons les premières nouvelles des événements de Sedan. Nous avons vu Robespierre, parlant au nom de la commune, dénoncer, le 15 août, La Fayette à l'Assemblée. Dès le 14, le conseil exécutif consignait le témoignage de ses soupçons sur le registre de ses délibérations.
« Seconde séance, M août 1791.
« MM. Roland, ministre de l'intérieur;
Clavièie, ministre des contributions et, par intérim, de la guerre;
Danton, ministre de la justice;
Monge, ministre de la marine;
Lebrun , ministre des affaires étrangères. « Étant tous assemblés en l'hôtel du ministre de la justice à sept heures du soir, leclure a été faite du décret de l'Assemblée nationale du 10 août, qui ordonne que des commissaires pris dans son sein se rendront dans les armées.
« Le conseil a considéré que l'instruction jointe à ce décret autorise les commissaires à faire, à l'égard des généraux et officiers des armées, toutes les dispositions [iéce.-s;iireSj à les suspendre ou à les remplacer suivant ce que pourront exiger les circonstances; que le droit qui appartient au conseil exécutif de destituer et de nommer les généraux ne peut, en ce moment, s'exercer concurremment avec le môme pouvoir délégué susdits commissaires; que cependant le conseil étant convaincu de la nécessité de destituer du commandement de l'armée du Nord le général La Fayette, lequel a manifestement perdu la confiance de la nation, en conséquence le conseil arrête qu'il ne surseoit à prononcer définitivement la destitution de M. Molier La Fayette que jusqu'au moment où les commissaires auront donné nouvelle de leur arrivée à l'armée commandée par ce général. »