Collectioo des Lois, année 1703, p
2. Forobcrt et ses amis, pour ctre sûrs de ne plus Ctre inquiétés à l'avenir, déposèrent le certificat chez un notaire de la commune de Montcenis, près de Couches.
Nous avons retrouvé sur les registres d'écrou de la Force la mention suivante qui vient corroborer, s'il en était besoin, les preuves que nous avons trouvées dans le dossier de Saone-et-Loire, et qui ne s'expliqueraient pas sans notre commentaire :
« 0 février 170 'i, Forobcrt (Antoine), natif d'Essertennes, canton de Couches, district d'Autun. Incarcéré en vertu d'un mandat d'arret, signé des citoyens Chambon, maire; Brûlé, Arbeltier, Louis Roux et Guinot, tous quatre municipaux et administrateurs. Jugé à mort pour crime d'assassinat, mis en liberté le 30 juillet 1793, en vertu du décret du 16 juin. »
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
NOTES
« Le 16 août 1793, l'an 11e de la république française une et indivisible, nous, administrateurs de police, attestons à tous nos concitoyens, que les citoyens Antoine Forobert et autres co-accusés relativement aux affaires du commencement de septembre, ont été élargis et mis en liberté en exécution des décrets de ia Convention nationale; le premier, du 8 février dernier, et les deux autres en date du 16 juin dernier.
« Nous invitons, en conséquence, nos concitoyens à faire jouir ledit citoyen Forobert tranquillement et paisiblement de la liberté que lui a donnée la loi.
« Les administrateurs de police de la ville de Paris,
« Pouvel, Michel, Michonis, Pache, maire de Paris. »
Pendant dix-huit mois le nom de septembre n'est plus prononcé dans le sein de la Convention. Les organisateurs des massacres s'étaient coalisés contre tous ceux qui avaient osé leur rappeler ce souvenir importun. Mais après leur victoire, ils font comme tous les scélérats qui se connaissent trop les uns les autres pour jamais se croire en sûreté, tant qu'ils ne restent pas seuls; ils se proscrivent mutuellement : Manuel, le procureur-syndic de la commune; Danton, le ministre du peuple; Hébert, le juge de M™' de Lamballe; les municipaux Danger, Marino, Michonïs, qui avaient sanctionné de leur présence les meurtres de fa Force, montent sur Pêchafaud; Robespierre les y envoie et les y suit. Robespierre tombé, la conscience publique continue de se taire; les vainqueurs du 9 thermidor, les BÎIlaud-Varenne, les Collot d'Herbois régnent encore durant quelques mois au comité de salut public. Mais lorsque les soixante-treize représentants emprisonnés, lorsque les Girondins mis hors la loi sont rentrés dans le sein de la représentation nationale, les ombres des 2 et 3 septembre sont de nouveau évoquées. Tallien, celui qui avait lu à la Législative la fameuse adresse du 30 août, celui qui avait été le secrétaire de la commune insurrectionnelle au 10 août et au 2 septembre, Tallien était devenu le coryphée de la réaction , il essayait de dominer la Convention comme l'avait fait si longtemps Robespierre. Un jour, le 17 brumaire an m (7 novembre 1796), moins de h mois après la chute du dictateur, Cambon
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
était à la tribune défendant ses opérations financières pendant la crise révolutionnaire. Tallien l'interrompt violemment; mais Cambon , sans s'émouvoir, lui jette à la face cette terrible apostrophe : « Viens m'accnser, moi je n'ai rien manié; je n'ai fait que surveiller. Nous verrons si, dans tes opérations particulières, tu as porté le même désintéressement. Nous verrons si au mois de septembre, lorsque tu étais â la commune, tu n'as pas donné la griffe pour faire payer une somme de 1,500 mille livres dont la destination te fera rougir; oui, je t'accuse, monstre sanguinaire, je t'accuse... On m'appellera Robespierre si l'on veut; ma conduite démentira toutes les calomnies; je ue nie aucune de mes opinions; je t'accuse d'avoir trempé tes mains, du moins par tes opinions, dans les massacres qui ont été commis dans les cachots de Paris;... je t'accuse d'avoir favorisé le brigandage. » Les débris du parti de Robespierre applaudissent. Tallien reste muet1.
Deux mois.plus tard, le 1er pluviôse (16 janvier 1795), on discutait l'abolition de la peine de mort. Tallien en demandait le maintien contre les grands criminels; tout à coup il est salué, par ses anciens amis de la Montagne, du nom de massacreur de septembre; mais, payant d'audace, il leur répond : « Eh bien! j'accepte l'accusation, venez la) porter à la tribune! »
Personne ne se lève. Alors Tallien reprend : « Puisque celui qui m'a fait ce reproche ne se présente pas, je somme, nonseulement ceux qui l'environnent, ceux qui siègent sur le même banc... je somme tous leurs sicaires, tous les membres des comités révolutionnaires, tous leurs suppôts, de porter contre moi aucune accusation. Il en est beaucoup parmi eux qui ne m'accusent d'être un égorgeurdu 2 septembre que pour mieux étouffer ma voix, parce qu'ils savent que j'ai tout vu. Ils savent que je me suis servi de l'autorité dont j'étais alors dépositaire pour sauver du glaive des assassins -un grand nombre de personnes; ils savent que moi seul au milieu de la commune j'osai me jeter au milieu de cette foule sanguinaire pour empêcher