LIVRE IX
od les divisa ea trois catégories : les officiers qui appartenaient et avaient toujours appartenu à l'armée; ceux qui avaient servi dans la garde nationale ; enfin les quatre anciens membres de l'Assemblée constituante, MM, de La Fayette, César de La Tour-Maubourg, Bureaux de Pusy et Alexandre Lameth *. Les premiers furent relâchés avec défense de rester dans le pays; les seconds furent renfermés dans la citadelle d'Anvers et en
1. Alexandre Lameth servait dans l'armée de La Fayette, mais dans le corps qui, sous les ordres de Dilloa, occupait les bords do la Sambre. Il avait été décrété d'accusation, le 13 août, avec Barnave et plusieurs des ministres de Louis XVI. Les gendarmes, chargés de so» arrestation, l'avaient été chercher à Maubeuge, à Rocroy, à Mézières, où il s'était rendu pour les besoins du service et sans savoir le sort qui le menaçait. Dans celte dernière ville, lorsque les gendarmes eurent exhibé leur passeport et les ordres dont ils étaient porteurs, la municipalité refusa de leur prêter assistance pour une mission qu'elle déclara illégale, puisqu'elle leur avait été donnée par une Assemblée qui, contrairement à la constitution, avait prononcé la suspension du pouvoir royal. Grâce à ce refus, Alexandre Lameth put rejoindre le général La Fayette à Bouillon, au moment où celui-ci s'apprêtait à franchir la frontière. [Moniteur, p. 1007.)
Un autre ami de La Fayette, le colonel Daverhoult, fut moins heureux. Nous avons eu occasion de parler du courage qu'il déploya à l'Assemblée législative, lors des événements du 20 juin. Peu de temps après, il avait donné sa démission ot était allé rejoindre son régiment qui se trouvait dans les environs de Sedan. Dans la nuit du 19 août, accompagne d'un ?eul domestique, il cherchait à rejoindre son général, lorsque dans les bois d« Sugnion, sur le chemin de Vrigne=-au-Bois à Saint-Menge et à une lieue de la Belgique, il se vit poursuivi par des douaniers; ne voulant pas tomber vivant entre les mains de ses ennemis, il se brûla la cervelle, mais ne mourut pas sur le coup et n'expira que quelques jours après dans un village où on l'avait transporté. (Moniteur, p. 1005.)
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sortirent au bout de deux mois. Quant aux derniers, ils furent traités avec la dernière rigueur. Remis, on ne sait pourquoi, par les Autrichiens au roi de Prusse, ils furent déposés successivement dans les citadelles de Wezel , de Ne'ïss et de Glalz. Lorsque la Prusse fit à Bàle (1795) la paix avec la France, cette puissance remit les illustres captifs à l'Autriche1, qui les retint pendant plus de deux ans encore dans les prisons d'Olmutz. Us n'en sortirent qu'au moment des préliminaires de Campo-Formio et sur les instances directes et formelles du général Bonaparte.
Tout le monde doit être d'accord pour qualifier l'acte dont La Fayette et ses compagnons furent rendus victimes par les puissances étrangères, au mois d'août 1792. Ces exilés volontaires, bien qu'ils fussent officiers de l'armée française, ne pouvaient être considérés comme des prisonniers de guerre, puisqu'ils avaient perdu tout caractère militaire, en résignant d'eux-mêmes leurs commandements. Cependant, par ordre de leurs souve-
1. En janvier 4796, on échangea conlre la fille de Louis XVI les quatre conventionnels livrés par Dumouriez, Camus, Quinelte, Lamarque et Bancal, l'ancien ministre de la guerre Beurnonville, le fameux Drouet, l'ancien maître de poste, qui avait arrêté Louis XVI à Va rennes, et qui était tombé entre les mains des Autrichiens; enûn deux ministres plénipotentiaires, Maret et Semonville, pris sur le territoire suisse. Le gouvernement français d'alors ne s'occupa ni de La Fayette ni de ses amis, et, par une prétention calculée, laissa l'Autriche exercer tout à son aise contre les prisonniers d'Olmutz ces incroyables rigueurs dont on trouve le récit dans les Mémoires de La Fayette et dans l'ouvrage si intéressant dans lequel M. Jules Cloqueta retracé la vie privée de l'illustre général.
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