LIVRE IX
10 août, avait prononcé contre le général un véritable réquisitoire, demanda aussitôt que, par une délibération solennelle, le nom du fugitif fut voué à l'exécration de la nation française. Merlin de Thionville, allant plus loin, proposa que la maison de La Fayette fût rasée et que, sur le terrain par elle occupé, on élevât une colonne portant une inscription qui transmettrait à la postérité le sou venir du crime1. La commune de Paris ordonna que le coin de la médaille frappée en l'honneur du créateur de la garde nationale par ordre de l'ancienne municipalité fut brisé sur l'échafaud par la main du bourreau 2.
La section Mauconseîl arrêta que le drapeau donné par La Fayette au ci-devant bataillon Saint-Jacques- P Hôpital serait traîné jusqu'au Carrousel et brûlé en grande cérémonie avec un mannequin représentant le traître. Les cendres provenant de cet auto-da-fé devaient être jetées au vent3.
Les commissaires emprisonnés à Sedan avaient été rendus à la liberté dès le 20 août au matin. Ayant reçu la soumission entière et complète de la municipalité et aussi celle du conseil de district et du conseil général du département des Àrdennes , ils écrivirent à la Législative pour la prier de ne pas donner suite aux décrets lancés contre ces trois corps administratifs, venus à résipiscence. Heureuse d'avoir triomphé sans coup férir, PAssemblée se rendit aux vœux de ses commissaires5.