‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 41 sur 262 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

le 17 août, s' élait joint à Victor de Broglio pour protester contre les décrets du 101.

Les trois commissaires de l'armée du Midi, Gasparin, Rouyer et Lacombe- Saint- Michel, dont, les pouvoirs s'étendaient depuis Besançon jusqu'au Var, ne rencontrèrent aucun obstacle dans l'accomplissement de leur mission. Au camp de Cessieux, près de Bourgoîn, ils trouvèrent le général Montesquiou tout disposé à reconnaître les décrets de l'Assemblée et à les faire acclamer par son armée; malgré cette réception brillante, les commissaires durent suspendre et remplacer un grand nombre d'officiers suspects d'opinions inciviques.

Les protestations qui se multipliaient pour ainsi dire sous les pas des commissaires envoyés auprès desdiverses armées n'étaient pas de nature à rassurer l'Assemblée. Le 20 août, sur le rapport de Lasource, elle rendit le décret suivant :

« Tous les généraux en chef, les officiers généraux et autres officiers de tout grade qui auraient été destitués ou suspendus soit par le pouvoir exécutif, soit par les commissaires de l'Assemblée nationale, soit par l'Assemblée nationale elle-même, seront tenus de s'éloigner sur-lechamp aune distance de vingt lieues au moins de l'armée

■1. Nous donnons, il la fin de ce volume, le teste mûme de la lettre adressée par Richelieu d'Aiguillon îi l'Assemblée, et dans laquelle il s'élève contre le despotisme « qui, détruit on 1780, est prêt à renaître sans cesse sous une autre forme. » Rien ne peint mieux le changement apporté dans l'esprit du siècle que ces protestations contre le despotisme signées par le petit neveu du cardinal de Richelieu, par le fils même du favori de Louis XV ol de l'ami de Mn,e Du lïarry.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

HISTOIRE Dlî LA TERREUR.

où ils étaient employés, etnepourrontse rapprocher à une moindre distance des autres armées sous peine de détention pendant tout Je temps de la guerre. Ils seront tenus en conséquence de justifier au pouvoir exécutif du lieu de leur domicile par une déclaration de lu municipalité. »

Les commissaires qui avaient été chargés d'inspecter l'armée de Luckner étaient, on s'en souvient, Kersaint, Peraldi etAntonelle, que La Fayette avait fait arrêter. Après leur délivrance, ils se hâtèrent de revenir à Paris faire le rapport de tout ce qui leur était arrivé, et ne purent remplir leur mission jusqu'à la fin. Ils fuient remplacés par Laporte, Lamarque et Bruat1. Mais quand ceux-ci arrivèrent à Metz, le commandement de l'armée campée aux environs de cette ville venait de passer des mains de Luckner dans celles de Kellermann.

Luckner, parses tergiversations, parses lettres à double entente2, avait inspiré les plus grandes défiances. Aussi personne ne fut-il étonné lorsque le ministre de la guerre annonça à l'Assemblée nationale, le 23 août, qu'il avait

4 . Ces nouveaux commissaires avaient été nommés le 20 août (voir le Moniteur, p. 995) sur lo rapport de la commission extraordinaire. Ils reçurent la démission d'un certain nombre d'officiers de l'armée do Luckner qui crurenl, eux aussi, que le serment qu'ils avaient prêté à la Constitution de 1701 ne leur permettait pas de prêter celui qu'on leur demandait. Parmi ces démissions, une nous a frappé d'abord, parce qu'elle est aussi simple que noble et ensuite parce qu'elle est signée d'un nom qui est depuis plus de cent ans, en Krance, lo symbole du dévouement et du courage : celui de d'Assas. Nous la donnons à la fin de ce volume.

2. Voir les lettres de Luckner dont le ministre de la guerre vint donner lecture a l'Assemblée dans les séances des 17 et 23 août. Moniteur, p. 979 et -1009.

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