‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 50 sur 262 · LIVRE S · texte numérisé non relu

LIVRE S

Marie-Joseph, et beaucoup de la rivalité de plus en plus patente, des querelles de plus en plus envenimées qui surgissaient chaque jour entre la commune et la Législative.

Ces querelles avaient un inslant paru s'apaiser; car l'Assemblée avait accédé à toutes les prétentions de sa rivale. Elle avait obéi de mauvaise grâce, mais enfin elle avait obéi à tous les ordres qui lui avaient été intimés au nom de la commune en ce qui concernait la détention de la famille royale et l'institution d'un tribunal exceptionnel pour juger les vaincus du 10 août. Mais il restait une question qui, malgré la condescendance ou plutôt l'humilité des représentants du peuple, entretenait les colères des dictateurs de l'Hôtel de Ville : c'était celle de la réorganisation du conseil de département.

Aux. termes du décret du 13 août, chacune des quarante-huit sections parisiennes et chacun des seize cantons ruraux étaient appelés à élire un membre de ce conseil. Les nouveaux administrateurs devaient prendre possession de leurs fonctions aussitôt qu'ils seraient au nombre de vingt.

Presque tous les cantons ruraux se hâtèrent de choisir leurs représentants; mais, obéissant sans doute à des instructions secrètes envoyées par la commune, les sec-

avait élé opérée par la garde nationale (le Paris et applaudie par la population entière de la capitale!

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lions parisiennes s'abstinrent de procéder à ces nominations. Les administrateurs élus se déterminèrent à aller exposer à l'Assemblée la situation déplorable qui leur était faite. Ils étaient nommés et ne pouvaient se faire installer dans leurs fonctions faute d'un nombre suffisant de collègues. La mauvaise volonté était trop manifeste; les injonctions de la commission extraordinaire furent trop péremploires pour qu'un pareil scandale pût longtemps encore se continuer1.

Le 21 août, quelques sections s'étant déterminées à obéir à la loi, le conseil de département put enfin se constituer 2. Dès le lendemain au matin, les membres élus se rendent en corps à l'Assemblée législative pour

1. Pendant lout ce temps, les débris de l'ancien directoire de département avaient continué de siéger, mais né s'étaient occupés que des affaires urgentes, relatives aux autres communes du département; quant à la capitale, les dictateurs de l'Hôtel de Ville y avaient mis bon ordre- Dès le 41, de leur autorité privée, ils avaient pris un arrôlé par lequel ils déclaraient que les pouvoirs du département étaient, suspendus pour tout ce qui concernait la ville do Paris. Le département s'était exactement conformé à celte injonction.

Les délibérations du directoire de Paris, dans la période du H au 31 août, sont signées par MM. Dumon, Leveillard, Gouniou, de Jus^îcu, de Faucompret. Itœdcrer, resté nominalement procureurgénéral-syndic, est, à partir du 14 août, remplacé par Gouniou, son suppléant; il était obligé de se cacher, étant très-violemment attaqué par les vainqueurs à raison de sa conduite dans la matinée du 40 août.

2. Le directoire, élu le 24 août, fut composé de MM. Régnier, Cournaud, Lachevardière, Leblanc, Colin, Piqueoard, Salmon, Dubois et Momoro, tous individus qui étaient et qui restèrent parfaitement inconnus, à l'exception du dernier, grand ami de Chaumette et d'Hébert, et dont le nom reviendra plus d'une fois dans le cours de notre ■

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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